‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 116 sur 550 · Maury, Helig, de la Grèce, II, p · texte numérisé non relu

Maury, Helig, de la Grèce, II, p

phètc, se rapportait à la incme idée*. Le trépied, dont la forme artistique et la riche ornementation firent un objet de prix qui élait souvent consacré au dieu, n'avait été d'abord autre chose qu'un ustensile de ménage : c'était le support de la chaudière placée au-dessus du feu. Mais la chaudière, où Peau bouillonne et se vaporise, ne rappelaitelle pas ces vapeurs de la terre qui causaient le délire inspiré? Plus tard, pour expliquer l'action d'Apollon sur la Pythie, on imagina que ces vapeurs, dont le dégagement parait d'ailleurs s'être affaibli avec le temps*, étaient le souffle même du dieu. Un trépied delphique, transporté par Constantin dans l'hippodrome de Byzancc, renfermait une statue d'Apollon placée sous le siège de la prophétcsse'* : c'était donc Phœbos lui-même qui parlait par l'organe de la Pythie. Ainsi, à Delphes, les exhalaisons terrestres et l'inspiration particulière du dieu concouraient à produire le délire prophétique. La Pythie, en proie à ce délire, prononçait tantôt des discours suivis, tantôt, et le plus souvent, des paroles incohérentes, entrecoupées d'exclamations pleines d'obscurités et qui avaient besoin d'être interprétées. Pendant longtemps les oracles s'exprimèrent en vers. Ils étaient rédigés, sous la forme métrique, par des prêtres réunis en collège et par les membres du conseil sacré de Delphes* qui, tenus au courant de tout ce qui se passait en Grèce et à l'étranger, savaient donner aux paroles de la Pythie une signification raisonnable et utile, et qui, en plus d'une occasion, rendirent aux hommes politiques de la Grèce de précieux services. Quelquefois cependant, et dans les circonstances embarrassantes, les réponses de l'oracle affectaient une forme obscure et ambiguë qui (it donner au dieu le surnom de Loxias.

Le dieu prophète est, par là même, le dieu fondateur des coloniç^qui avaient souvent pour origine les prescriptions d'un oracle. En. ce sens, il était honoré à Mégare sous le surnom d'dcpyaY£Ta;,à Egine. sous ceux d'ct/.ÎGTr^; et de Swiaxtitt^;*. « Phœbos, dit Callimaque, se plaît à la construction des villes, et c'est lui-même qui en établit les fondements*. » Il en résulte que, chez les Doriens surtout dont il était le dieu principal, les lois qui président à la constitution des cités étaient placées sous son autorité, ou étaient même considérées comme ayant été dictées par lui \

1. Voir yiiesekr tVebei' den Dclphiscfien Dreifuss (Mémoires de la Sociélé des Sciences de Gôttingue, tome XV).

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