JHij/nn. ApoU., v. 54 sqq
7. Ce dieu législateur, Si9fAiOi, éol. Qipiiioi, avait un autel à Olympié (Paus., V, 15, 4.)
Le (lieu fondateur et législateur des cités se trouvait nécessairement en rapport, chez la race ionienne, avec les expéditions et les entreprises maritimes. Prolecteur des colonies dont il guide les essaims à travers les mers, il devient ainsi un dieu de la navigation. C'est Apollon Delpliinien, dont le dauphin est h symbole. D'après le récit de rhymne homérique, son culte semble être originaire de Crète d*où il aurait été apporté à Crissa et à Delphes. Phœbos, vainqueur du dragon, se demandait, dit le poète, quels seraient ses ministres dans le nouveau sanctuaire de Pytho, quand il aperçut un vaisseau qui portait des Cretois de Gnossos, naviguant pour leur commerce. « Le dieu court à leur rencontre, plonge dans la mer, et, sous la forme d'un dauphin, s'élance sur le navire où il s'étend, objet de saisissement pour les matelots. » Dès lors, le vaisseau n'obéit plus aux rames ni aux ordres du pilote. Son divin conducteur, disposant de la brise à son gré, lui fait contourner le Péloponèse, le pousse dans le golfe de Corinthe et jusqu'au port de Crissa où il aborde. Là, le dieu de la lumière se révèle par des prodiges: « Semblable à un ardent météore qu'on aperçoit au milieu du jour, il fait jaillir des milliers d'étincelles dont l'éclat monte jusqu'au ciel; il pénètre dans le sanctuaire... il y allume une flamme qui annonce les traits du dieu, et qui illumine Crissa tout entière ». Reprenant ensuite la forme humaine, il déclare aux Cretois qu'ils ne reverront plus leur patrie, qu'ils sont destinés à être les serviteurs d'Apollon, à garder son temple, à interpréter ses oracles. Et il ajoute : « Puisque vous m'avez vu tout d'abord sur la sombre mer prendre la forme d'un dauphin pour m'élancer sur votre navire, invoquez-moi sous le nom de Delphiiiien et l'autel delphien sera célèbre pour toujours*. »
Ce rapport indiqué par le poëte entre le nom de Delphes et le surnom d'Apollon a été considéré comme exact par Schœmann', qui rapproche également Tépithète du dieu du mot AsX^uvyj qui désigne quelquefois le dragon pythien. Mais il est à remarquer que ce dernier mot, qu'on rencontre pour la première fois chez les poètes alexandrins, ne remonte pas à une haute antiquité. Il est donc plus vraisemblable que le surnom de Delphinien appliqué à Apollon rappelle simplement le dauphin^ dont il est facile de comprendre la relation avec le dieu de la lumière. C'est, en effet, quand le ciel est serein, la mer calme et illuminée des
Les Spartiates prétendaient que ia législation de Lycurgue était une révélation du dieu Pythien (Xenoph.f Resp. Laced., vni, 5). Mais, d'après Hérodote, I, 65, les rapports de Lycurgue avec l'oracle de Delphes sont fabuleux. Lycui-gae est lui-même un pei^onnagc légendaire.
i. Hymn. hom., Apoll. Pyth., 210-324, éd. Baumetster.