SlraL..IV,|). no
4. Plal., Ealhijd., p , 302. d. .Demosth., adv. £uiu/., 54, G7.
national des Doriens. Sans prétendre, avecOtfried Miiller, que la Théssalie fut le berceau primitif de la religion apollinaire, on peut affirmer cependant avec lui que cette religion a suivi le mouvement des migrations doriennes et a été portée par elles en Phocide d'abord, et plus tard, lors du retour des lléraclides, dans le Péloponèse. La théorie sacrée qui, tous les neuf ans, se rendait de Delphes en Thessalie pour y cueillir le laurier de Tempe, rappelait cette origine du culte du dieu, et la route que suivait la procession pour revenir à Delphes élait une voie sacrée, la même, disait-on, qui avait été jadis foulée par les premiers émigiants^ Les Doriens, qui avaient emporté leurs religions avec eux, s'étaient habitués à considérer Apollon comme le dieu conducteur ('AfQTYjç) qui les avait guidés dans leur marche vers le sud et qui avait présidé à leurs divers établissements. C'est ce que rappelait, dans la fête d'Apollon Carnéios à Sparte, le nom d' 'Ayt^ttqç donné au prêtre du dieu, et celui d'aYYjxipia par où l'on désignait le principal jour de cette fête. Ce surnom même de Carnéios sous lequel Apollon était honoré par tous les Doriens * faisait allusion à la même idée : il rappelle le nom du bélier^. De même que le bélier est le conducteur du troupeau, Apollon Carnéios avait été le chef des expéditions de la race dorienne. Au témoignage de PausaniasS les habitants de la Laconie, avant l'mvasion des lléraclides, honoraient un dieu Carnéios^ dieu domestique des tribus pastorales qui peuplaient alors le Péloponèse , protecteur de leurs foyers et de leurs troupeaux. Ce dieu primitif, d'ori* gine pélasgique, s'était probablement confondu avec le dieu nouveau des envahisseurs, avec Apollon qui avait usurpé ses attributions. Apollon Carnéios, honoré à Sparte d'abord, plus tard à Théra et à Cyrène*, n'aurait été ainsi qu'une variété d'Apollon Nomios.
Apollon Nomios est le dieu pasteur qui habite les pâturages et qui veille sur les troupeaux '. Cette attribution nouvelle de sa divinité parait remonter aux origines mêmes de sa religion, car elle est attestée par les plus anciennes légendes. Dans Thymne homérique à Hermès, le jeune dieu, encore enveloppé de ses langes, dérobe pendant la nuit les génisses d'Apollon et ne les lui rend qu'au lever de l'aurore. Le trou-
1. Plut., Quœsi. r;r., 12. iCIien, Hist. var., HI, 1. 0. Mûller, Dor., I, p. 202.