‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 120 sur 550 · Cailim., Hymn, Apoll., 72 sqq · texte numérisé non relu

Cailim., Hymn, Apoll., 72 sqq

6. Apollon pasteur, outre répithèle générale de vô/itoç, avait divers surnoms locaux. A Gamiros, iTct/Avi^co^ ; à Naxos icot/«v(o$, àpvoxô/Aij^ ; à Lesbos, iKLitaXoç (Macrob., Sat.^ I, 17, 43, Schol. Aristopb., Nuh,^ 144); à Milylènc, /ula/9(^ (Tbucyd., HI, 3) ; yoJiàçiof en Uéolie (Plutde P y th. orac, 16), eic.

peau du dieu solaire se rapproche nécessairement du troupeau d*lIélios dont parle le poëte de l'Odyssée, et il rapjielle cette image familière par laquelle la mythologie arienne compare les nuages qui accompagnent le soleil dans sa marche à une troupe de blanches génisses qui, sous la conduite de leur berger divin, s'avancent le matin dans les pâturages célestes. De même, d'après d'autres légendes que nous avons eu déjà l'occasion de citer, Apollon garde les troupeaux de Laomédon dans les ravins boisés de l'Ida, ou il fait paître, dans les vastes plaines de la Thessalie, les cavales et les brebis d'Âdmète. Les traditions populaires de ce pays le représentaient à la fois comme un dieu pasteur et comme un dieu musicien. Tandis qu'il veille sur ses troupeaux, il enfle le chalumeau pastoral ou il fait résonner les cordes de la cithare. Aux accents de cette musique divine, les bctes fauves sortent en foule de leurs retraites, les daims et les biches, animaux aimés du dieu, viennent danser au son de sa lyre ^ Apollon se trouve ainsi en rapport avec la nature agreste et avec les puissances divines qui en habitent les solitudes. Il est quelquefois le chef et le conducteur des Nymphes '. De là les légendes qui racontaient ses amours pour quelques-unes de ces belles vierges des forêts et des montagnes : pour Daphné, pour Coronis, mère d'Asclépios, pour Cyrcne, mère d'Aristée, dieu pastoral comme lui. De là aussi son caractère de dieu chasseur (oYpeuTtjç, à-^piXoq) qui, pour protéger les animaux domestiques confiés à ses soins, poursuit les bétes sauvages quil frappe et qu'il perce de ses flèches.

Une rapide revue des principales représentations artistiques d'Apollon nous permettra de préciser quelques-uns des traits de la figure du dieu, et de déterminer, malgré les caractères divers qu'elle a successivement revêtus, la forme dominante sous laquelle elle s'offrait à Timagination des Grecs.

« Le dieu, dit l'auteur de l'hymne hotuérique, était semblable à un homme plein de sève et de vigueur, dans l'éclat de la première jeunesse : une chevelure flottante se déroulait sur ses larges épaules '. » La personne d'Apollon était donc le type de la beauté juvénile dans sa fleur, beauté douée du charme et de la grâce, mais d*une grâce sans mollesse, mêlée au contraire d'énergie et de force. C'est ce dernier caractère que fit surtout ressortir l'art archaïque, dans sa rudesse. Sans parler de ces idoles de bois qui exprimaient à peine la forme humaine ^

i. Eurip., Aie, 569 sqq.

2. V. l'inscription de Thasos : fixjfj.frjyiv xàrrd/^wvi vxjfi^ayézY}, etc., publiée d'abord par M. Miller, Revue arch., 1865. H, pi. 24-25; Cf. WicUacVif, Denhm. und Forsch, von Gerhard, janvier 1867. {Archâol., Zeifung, t. XXV).

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