‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 122 sur 550 · Paus · texte numérisé non relu

Paus

Fjg. 16. — Apollon Philésioi.

Le type d'Apollon fui dérmitivemenl fixé par la nouvelle école atliquc', dont les maîtres, tels que Scopas. auteur d'un Apollon Ciltiarède, et Praxitèle, auteur du célèbre Apollon Sauroctone, se plurent à représenter le dieu avec les dilTércnts caractères et dans les dilTérenteg fonctions que lui attribuait sa légende. AixiUon est désormais conçu

Fig. 27, - Apollon du Gelitdtni

comme un adolescent 'qui n'est pas encore arrivé à son complet développement,'qui n'a rien de, la maturité virile, mais dont les formes délicate-s sont déjà empreintes de vigueur et de force. Sa fiji^re, d'un

1. Ndui «iiiToot ici 0. lûller, Handbûch d. arch. d. Kuntl, g 300 aqi.

1% MVTIIOLIXilB nE LA GRÈCE ANTIQUE,

ovale allongé, que rehaussent quelquefois les cheveux noués au sommet de la tcte. Une et ferme tout à la fois, a une singulière expression de sérénité, un grand air de noblesse, une fierté tempérée de douceur. Les formes du corps libres et dégagées, la taille svelte, les membres longs, les muscles rincment traités, tout indique la vivacité alerte, lu rapidité et la puissance des mouvements du dieu. C'est bien, suivant les expressions de Maxime de Tyr*, « l'adolescent dont le corps nu sort de la chlamyde, c'est l'archer divin qui s'avance à grands pas, qui semble courir ». Ce type général était, il est vrai, susceptible de bien des nuances : comme le remarque Olfried Mûller, il inclinait tantôt vers la souplesse gymnastique d'Hermès, tantôt vers la molle plénitude de Dionysos. Quelquefois mémo la délicatesse en était poussée jusqu'à des formes féminines qui le rendaient difficile à reconnaître.

Les représentations d'Apollon qui nous sont parvenues peuvent se ranger en trois classes, qui correspondent aux trois variétés principales de son attitude et de sa physionomie. L'idée des combats soutenus et des triomphes remportes par le dieu s'exprime surtout dans les statues qui portent la désignation d'Apollon Kallinikos. Elles nous montrent te dieu debout, marchant à pas rapides, la chlamyde rejetée en arrière, la tétc haute, la figure animée, où éclate à la fois la colère non encore apaisée de la lutte, et le noble orgueil de la vicloire. Tel est le célèbre Apollon du Belvédère (lig. 27), objet de tant d'enthousiasme à son apparition, trop célébré peut-être par Winckelmann. œuvre remarquable pourtant, bien qu'elle n'appartienne p»s à la plus belle époque de l'art grec et ne paraisse pas remonter au delà de Lysippe. Un autre groupe de statues représente Apollon dans l'état de calme et de satisfaction qui suit la lutte. Il est ordinairement adossé ou accoudé contre un tronc d'arbre ; son carquois devenu inutile pend à ses cotés; son bras droit repose négligemment au-dessus de sa tête ; toute son altitude est celle d'un gracieux abandon (lig. 28). Quel quefois sa main gauche tient la cithare, symbole de ses sentiments pacifiques et de l'enjouement qui anime son âme heureuse. Enliii, une I. OUitil., \ï\, p.Wt.

Fig. ia. ~ Apallon

>!{.'■ !9. — Ajiollon liusajjr'^li

1S8 MYTHOLOCilR DE LA GRÈCE ANTIQUE.

troisième série comprend les monuments qui représentent le dieu de rbarmonie dans l'exercice de ses fonctions musicales. Apollon jouant de la cithare, dieu citharède, est quelquefois nu ; mais il est le plus souvent vêtu d'une longue tunique, d'une stola aux plis vastes et flottants. Tel nous apparaît TApollon Mnsagète du Vatican, imitation probable d'une œuvre célèbre de Scopas. Le dieu, couronné de laurier, chante en s'accompagnant de la cithare, la tête haute, les yeux levés au ciel, le corps animé par un léger mouvement de danse, avec tous les signes, discrètement mais clairement exprimés, de Tinspiration qui descend en lui et de Tenthousiasme dont il est possédé (lig. 29). C'est le dieu des aèdes, le dieu des musiciens et des poètes, la source divine de toutes les harmonies humaines.

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