‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 123 sur 550 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Le nom d'Ârtcmis appartient, dans l'antiquité grecque, à plusieurs divinités d'origine et de caractères divers. La déesse de Tauride à laquelle on offrait des victimes humaines, la Dictynna des Cretois, l'Anaïtis des Mèdes et des Perses, la grande déesse des Ëphésiens, étaient considérées comme des variétés de l'Artémis dorienne, dont elles possédaient, en effet, quelques-unes des attributions. Mais ces divinités, qui se confondaient dans l'esprit des Grecs, doivent être soigneusement distinguées par l'analyse mythologique, à laquelle il importe avant tout de définir la nature et les caractères de la déesse qui était adorée dans la Grèce propre sous le nom d'Artémis.

Fille de Zeus et de Lètô, sœur d'Apollon, née en même temps que lui dans Tilc de Délos, Artémis participe à la nature de son frère dont elle n'est, à certains égards, que la forme féminine. Comme lui, elle est en relation avec la lumière céleste. Les textes les plus anciens la désignent comme la déesse « au fuseau d'or, au trône d'or, aux rênes d'or » ^ Elle porte un flambeau allumé, dit Callimaque, aux feux inextinguibles d'où jaillit la foudre de Zeus son père '. De même qu'Apollon est Phœbos (le brillant), Artémis est Phœbé (la brillante). Or, si Apollon a été, à l'origine, un dieu solaire, Artémis sa sœur sera avant tout une déesse lunaire. C'est ce que semblent démontrer ses principales attributions. Comme son frère, elle est armée d'un carquois et d'un arc; elle Cdt la déesse {o^^aipa, qui se plaît à lancer ses flèches : image des rayons de la lune, comparés par l'imagination grecque à des traits rapides et acérés. Déesse de la pure lumière, elle est une chaste vierge qui

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