Hymn. Dian., v
ICTTBOLOOll.
n'a jamais connu les joies de IMiymen ni les souillures de l'amour. Le récit de sa passion pour le bel Endymion est une fable d'origine peu ancienne et qui est en désaccord avec la tradition générale. La chasteté est, en effet, le caractère essentiel d'Artémis, qui en impose les lois rigoureuses aux prêtres et aux prêtresses vouées à son culte. On consacrait à la déesse des prairies où les pâtres ne faisaient jamais paître leurs troupeaux, qui n'étaient jamais entamées par la faux \ et dont les fleurs printanières étaient Temblème de la pureté des âmes virginales. Les jeunes garçons et les jeunes filles qui savaient garder leur innocence étaient aimés d'Artémis et placés sous sa puissante prolection. Cette pureté morale de la religion d'Artémis s'exprime surtout dans le beau mythe d'Hippolyte, tel que nous le trouvons développé chez Euripide. Le fils de TAmazone Antiope est un jeune homme chaste qu'aucune beauté mortelle ne peut toucher, insensible à tout autre sentiment qu'à celui d'un respectueux amour pour la divinité qui le protège. Il vil avec elle, d'une vie sauvage, au sein des montagnes et des forêts : au retour de la chasse, il se prosterne devant son image et lui offre une couronne tressée avec les fleurs de la prairie sacrée. Sourd aux séductions et aux prières de Phèdre, il meurt victime de sa chasteté ; mais, en mourant, il reçoit les consolations de la déesse, qui adoucit l'amertume de ses derniers moments en lui annonçant les honneurs qui doivent perpétuer le souvenir de sa vertu. La vie sévère d'Hippolyte, son innocence, sa noble pudeur, auront leur récompense. H recevra à Tré/ène les honneurs divins et pendant de longs siècles « les jeunes vierges, avant leurs noces, couperont leur jchevelure en son honneur, lui offriront le tribut de leurs larmes et l'auront pour éternel sujet de leurs plaintives chansons »*. Ainsi, longtemps avant le christianisme, la vertu qui semble le plus étrangère aux religions anciennes, la chasteté, était non-seulement honorée, mais exaltée dans le culte d'Artémis.
La plus pure des vierges, elle en est, en même temps, la plus belle'. Elle est le modèle céleste auquel le poëte homérique compare les femmes les plus remarquables par leur beauté, telles qu'Hélène et Pénélope*. Les graves impressions, les sentiments d'étonnement et d'admiration qui s'étaient éveillés chez les premiers observateurs au spectacle de la lune contemplée dans le calme et le recueillement de la nuit, s'expriment dans ce type d'une vierge divine à la noble et sévère beauté,
i. Eurip., Ilippol., 73; Iphig. AuL, 14C4, 1544.