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à la haute taille, à la flère démarche, qui dépasse de la tête les Nymphes ses compagnes\ qui les éclipse toutes, de même que Taslre principal de la nuit éclipse de son rayonnant éclat les astres secondaires qui lui font cortège. Mais les Grecs ne s'en étaient pas tenus à cette contemplation. Ils avaient remarqué Faction que la lune semble exercer sur la terre, théâtre des travaux de l'homme et domaine de son activité. C'est à la faveur de sa lumière et sous le calme épanchement de ses rayons, que la végétation altérée boit la fraîcheur de la nuit, qui lui donne une vie et une croissance nouvelles. On attribuait donc à la lune la production de la rosée nocturne et celle des pluies, qui accompagnent souvent le renouvellement de ses phases. Aussi Artémis étaitelle quelquefois une divinité de l'élément humide. Sous le surnom de Potamia.eWe était honorée près des sources, des fleuves et des lacs, où se reflétait sa tigure virginale, où, disait-on, elle venait se baigner avec les Nymphes, pour former ensuite des chœurs de danse, dans les clairières des forets ou sur les prés fleuris. D'après une croyance populaire qui a survécu au paganisme, l'influence de la lune, bienfaisante pour la végétation et pour les cultures, s'étendait encore aux animaux, dont elle favorisait la multiplication. Heureux l'homme des champs sur qui Arténiis jetait un regard favorable I II voyait ses sillons se couvrir d'épis, ses troupeaux prospérer, sa fortune augmenter. Ceux» au contraire, que la déesse poursuivait de son courroux, voyaient leurs troupeaux décimés par la peste, leurs champs dévastés par la grêle, leurs femmes frappées de mort au jour de l'accouchement, et ils n'élevaient pas d'enfants*. Ainsi l'homme lui-même, comme la terre et les animaux, se croyait soumis à l'action soit bienfaisante, soit funeste d'Artémis. Les flèches de la déesse, comme celles d'Apollon, envoient, en effet, quelquefois la mort. Avec l'aide de son frère, elle a tué les Niobides et percé de ses traits le géant Tityos qui avait fait violence à Lèto^; ce sont ces traits rapides qui frappent les femmes de mort subite\ Artémis Lochia, déesse des accouchements, avait une influence souveraine sur la vie humaine. Toutes ces superstitions avaient leur source dans la croyance, généralement répandue chez les anciens, qui attribuait a la lune un pouvoir merveilleux et une secrète action sur la nature entière.
Cette croyance avait pris nécessairement naissance dans les campagnes. C'est là surtout qu'Artémis était honorée. Considérée dans son
i. (Wyw., VI, 102.
% Caliim., Hymn Dian., I:i2-135.