‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 126 sur 550 · Pind., P?//A., IV, 90. Cf. Apoilod., I, 4, i · texte numérisé non relu

Pind., P?//A., IV, 90. Cf. Apoilod., I, 4, i

4. Iliad., il, 205, 427; XXI, 483. Odyss., XI, 173, 324. XV, 478. etc.

caractère essentiel et le plus ancien, Ârtémis est, en effet, une divinité de la nature agreste. Son séjour favori est TÂrcadie, le canton le plus sauvage de la Grèce et dont les hautes montagnes, les gorges profondes, les torrents impétueux et les lacs tranquilles portaient partout les traces de son culte. C'est dans le libre domaine de cette nature alpestre que s'exerçait surtout son activité. Déesse nationale de TArcadie, elle passait pour être la mère de la race qui habitait ce pays. Sous le nom de Callisto^ qui n'est qu'une de ses épithètes locales, elle est une fille de Lycaon, dont le nom exprime l'idée de la lumière, une vierge aimée de Zeus, le dieu du ciel, et qui, de son union avec lui, donne le jour à Ârcas, père des Ârcadiens^ Or, le nom d'Ârcas rappelle en grec celui de l'ours (âpxToç), animal qui a pu habiter jadis les neiges et les glaces des hauts sommets de l'Arcadie à laquelle il aurait donné son nom. De là un nouveau développement du mythe d'Artémis-Callisto*. La fille de Lycaon est changée en ourse par la jalousie d'Hèra ; ou bien, tuée par elle, elle prend place dans le ciel et elle devient Arctos, la Grande Ourse*. Toute cette légende ne repose évidemment que sur des jeux de mots; mais elle nous explique comment l'ours était le symbole d'Artémis en Arcadie*.

Les principales occupations de la vie divine d'Artémis étaient en rapport avec la nature de la contrée qu'elle s'était choisie pour séjour. Reine de ses forêts et de ses montagnes, elle était la maitressc (Aécnroiva)*, que les Arcadiens honoraient avec un sentiment de respect mêlé de terreur, quand ils parcouraient leurs sauvages solitudes. La clarté de la lune guide le chasseur dans ses expéditions nocturnes; elle éclaire les sombres retraites des bêtes fauves qui redoutent sa lumière. Artémis était donc considérée comme la déesse 'HYsjJiivt) qui protégeait la marche des hommes dans les sentiers escarpés et dans les pas difiiciles des montagnes, comme la déesse chasseresse qui se plaisait avec eux à la poursuite du gibier. La chasse sera toujours l'attribut dominant de l'Artémis hellénique. Des sommets du Taygète à ceux de l'Érymanthe, escortée d'une troupe de nymphes*, précédée d'une meute ardente, Artémis, agile et impétueuse, vêtue d'une tunique courte, armée du carquois et des flèches, court çà et là à travers monts et vallées, forçant les daims et les cerfs rapides qu'elle perce de ses

i. Paos., VIII, 35, 8.

2. Pour sauvegarder le caractère virginal d'Arlémis, on la distingua plus tard de Gallisto, qui fut représentée comme l'une de ses compagnes.

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