‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 127 sur 550 · Odysê., VI · texte numérisé non relu

Odysê., VI

ARTËMIS. 133

traits. « Sur les montagnes ombreuses, dit le poëte de Thymne homérique, sur les cimes battues des vents, charmée de la chasse, elle tend son arc étincelant d'or et elle lance des traits mortels : les sommets des hautes montagnes tremblent et Tépaisse forêt retentit du fracas terrible des bétes fauves; un frisson parcourt la terre et la mer poissonneuse, tandis que la déesse au cœur vaillant porte partout ses pas et détruit la race des animaux farouches ^ » C'était elle, c'était la déesse Agrotèra qu'invoquait le chasseur au moment du départ, en jurant d'observer ses volontés. Les règlements qui avaient pour objet la conservation du gibier étaient placés sous sa protection; nul n'eût osé tuer les jeunes animaux qui lui étaient consacrés et qui étaient considérés comme sa propriété*.

La vie divine d'Artémis n'est pas tout entière remplie par la poursuite des bétes fauves dans la montagne. A l'ardeur de la chasse succèdent pour elle des occupations plus douces, n Quand la chasseresse a réjoui son âme, elle détend son arc flexible et elle entre dans la vaste demeure de son frère, de Phœbos-Apollon, dans le riche pays de Delphes, pour former le beau chœur des Muses et des Charités. Là, elle suspend son arc et ses traits, et, revêtue d'une gracieuse parure, elle se met à la tête des chœurs qu'elle dirige. Toutes, avec les accents d'une voix divine, célèbrent Lèto à la démarche légère et disent comment elle donna le jour à des enfants qui se distinguent entre les immortels par leurs pensées et par leurs actions'. » C'est d'après cette idée qulArtémis était honorée sous le nom d'//t/mnta, déesse du chant^ : attribution musicale qui la rapproche d'Apollon son frère. Ces doubles fonctions d'Artémis ne forment pas seulement un gracieux et poétique contraste : elles expriment, d'une façon idéale, la vie même des Arcadiens, race de chasseurs et de bergers qui se reposaient de leurs fatigues en charmant par les accents de la syrinx et les mouvements de la danse leurs loisirs pastoraux.

Le caractère lunaire qui fut celui d'Artémis à l'origine, et qu'elle ne perdit jamais entièrement, apparaît plus nettement marqué dans la personne d'Hécate ('ExaT/;) : divinité parente d'Artémis, dont elle se distingue cependant par son origine et par la nature de son culte. Tandis que le type virginal de la divine chasseresse, avec les idées de grâce et d'élégante beauté qu'il entraine à sa suite, s*est surtout développé dans l'imagination des habitants de la Grèce propre, Hécate appartient

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