‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 128 sur 550 · Pau8.. VIII · texte numérisé non relu

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aux religions des peuplades barbares du Nord : religions tristes, d'un mysticisme sombre et d'un fanatique enthousiasme. Le nom thracc d'Hécate élait Bendis^ : déesse lugubre qu'on adorait dans les profondeurs des cavernes', qui, au temps de Périclès, eut un temple au Pirée où elle était honorée par les Thraces résidant en Attique'. Les migrations venues du Nord apportèrent son culte en Béotie, d'où il se répandit dans le reste de la Grèce. Cette divinité étrangère n'occupa jamais de place déterminée dans le système de la religion populaire des Grecs*, mais elle eut cette fortune d'être adoptée par la secte des Orphiques, qui lui assignèrent un rang élevé dans leur théogonie. L'hymne à Hécafe, inséré dans l'œuvre attribuée à Hésiode et qui est, on l'a dès longtemps remarqué, ime interpolation orphique', témoigne de ce fait intéressant. D'après l'auteur de cet hymne, le domaine d'Hécate comprend à la fois la terre, la mer et le ciel étoile : son pouvoir sans bornes s'étend à toutes les conditions et à toutes -les fonctions de la vie humaine*. Elle est donc une des grandes divinités de l'orphisme.

Sa signification physique est attestée par la généalogie qu'on avait inventée pour la rattacher au cycle des divinités grecques. Suivant la Théogonie, elle est née de l'union d'Astéria (la nuitétoilée?) et de Persée, dieu de la lumière. Bacchylide lui donne pour mère « la Nuit au sein noir'. » Son nom même, qui est le féminin d'^ExaToc, épithète ancienne d'Apollon, achève de la rapprocher d'Artémis. 'E)caTt) est celle qui brille au loin dans les profondeurs du ciel ou celle qtii envoie de loin sa lumière, comme Hèlios, le dieu-soleil avec lequel elle se trouve en rapport dans l'hymne homérique à Démèter®. Astre sans rival de la nuit, elle est [jlouvoy€vy)<;, l'unique enfant des deux puissances qui lui ont donné la vie : les ténèbres et la lumière. Le culte qu'on lui rendait est celui qui appartient à une déesse lunaire. C'était vers le soir du dernier jour du mois, au moment où finit la lune ancienne et où la lune nouvelle commence, qu'on déposait sur ses autels et au pied de ses images les aliments* destinés à nourrir son corps divin et à con-

i. Gratin., Thrnss., fr. 12. Palsph., 32 : 'Aprtfjnç BivSeta.

2. Dans rilc de SamoUiracc, la caverne de Zérinthos lui était consacrée (Lycophr., 77 Schol., Arisloph., Pac, 277). On lui immolait des chiens.

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