‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 132 sur 550 · yr. Exped · texte numérisé non relu

yr. Exped

ISS SïTHOLOCIE FIE LA fiBflCK ASTIQUE,

gine cl un caraclère tout asjaliqufîs. Longtemps avant les premiers élahlissi^ments ioniens, elle était adorée près des bouches marécageuses du Caystre et sur les montagnes voisines par les peuplades des Cariens et des Lélèges, qui occupèrent primitivement ce pays.

Divinité lunriiie comme Arlémis, elle se distingue d'elle par un caractère essentiel. Ce n'est plus une vierge, c'est une mère ou plutôt une nourrice dont le sein est couvert et comme hérissé de mamelles sans nomlire (fig. 52). C'est l'universelle noumcJère des êtres, dont l'action récondante s'élend sur toutes les formes de la vie qui se développe à ta surface de la (erre, sur la végétalion. sur les animaux. Autour de son corps, qui a la forme d'une gatne, sont tracées plusieurs zones qui renferment des tètes de cerfs, de lions, de taureaux, d'animaux divci-s. Sa religion avait, en même temps, un caractère fanatique, atteste par les mutilalions des eunuques attaches à son culte et par les danses guerrières qu'on célébrait en son honneur. Elle était en relation avec la légende des Amazones, qui avaient, disait-on, institué son culte. Or, les Amazones, auxquelles les Grecs attribuèrent une existence historique, et dont ils firent une peuplade de femmes guerrières établies sur les bords du Thermodon, près de Trébizonde, apparliemient au domaine de la mylliologie pure. Une fausse explication de leur nom avait été l'origine de la fable d'après laquelle elles se mutilaient la mamelle droite pour tirer de i'arc plus facilement. On s'accorde généralement aujourd'hui à reconnaître que le préfixe a du mot 'Aiw^ivcç devait avoir une valeur augnientative, et que les Amazones signifiaient simplement à l'origine: les femmes aux mamelles nombreuses ou puissantes ; caractère qui explique comment elles sont en rapport avec Artémis d'Ëphèse. Sans vouloir tnlcr]>réter dans te détail leur légende obscure et compliquée ',

1. V. Mnrillmarn, Die Amaionen. Hanovre, 1862. CF. rer;:mniiii. In Amaiona dont thittairecidani la fable. Kii\<m\; IRÙS; KI'iKmana, ûUr die Amaionen, elc. (l'Iiilolosus,

h d'Ëpbése.

on peut remarquer qu'elles entrent en lutte avec Hercule, avec Thésée, avec Acliille, avec Belléroplion. héros dont la mythologie comparée a établi la nature solaire. Ces ennemies des divinités de la lumière rappellent les ennemis d'Indra de la mytholo^jie védique, c'est-à-dire les nuages. Leurs mamelles seraient donc l'image de ces mille seins des nuées d'où s'échappent tes eaux qui arrosent et qui ferliltsent la terre. Les Amazones étaient ainsi les compagnes nécessaires de la divinité d'Ëplicse, de cette grande nourricière de la nature. Ce même caractère de puissante fécondité appartenait à la déesse qu'on adorait à Perga

Fig. n. — Artémii Uranl ilerarc.

en Pamphylie, et dont les représ^'Utations offrent de grandes analogies avec celles àe la Diane éphcsienne *; il est encore celui d'Anahît, en grec Anaïtis, dont le culte, orifiinaire de Perse ', était répandu en Arménie, en Cappadoce, dans le Pont et en Lydie; déesse du ciel et des eaux fécondantes, qui entretient et anime sur la terre la vie végétative comme la vie animale. Ces deux divinités, en se confondant avec ta déesse hellénique, portèrent les noms d'Arlémis de Perga et d'Artémis persique.

Malgré ces confusions, les Grecs ne pouvaient se tromper sur le caractère propre de leur divinité nationale dont le type, tel qu'il fut fixé parla statuaire, diffère seiisiblemenL de celui des divinités asiatiques qu'on lui avait identiliées. Artémis dorienne fut toujours figurée sous

1. Si Ifitc cat rinffÛR ilu modio) ; «on cor|)i esl un cAne ornû de bat-rGliefa ^ I. |[[, p. 464-46(1; n"<00, 113, elc.

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