‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 135 sur 550 · Odysn., XII, 129 sqq · texte numérisé non relu

Odysn., XII, 129 sqq

3. Le mythe d'Hermès et le conte du Petit-Poucet ont été rapprochés par Schenki (Germania de Pfeiiïer, t. VIII, 1863). M. Ploix (mémoire cité) croit que Poucet, comme Hermès, est le crépuscule. Tout autre est l'interprétation qu'a donnée de ce conte M. Gaston Parii [Mim. de la Soc. de Linguiêtique, 1. 1, 4* fasc.).

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enfermées les vaches célestes et qui, à rapparition de T Aurore, les restitue à leur maître.

De cette fable résulte un des caractères essentiels d'Hermès. Il est le rôdeur nocturne, a le chef des larrons S » le maître-voleur dont l'histoire se retrouve, avec des variantes, dans les traditions communes à tous les peuples de race aryenne*. Son image se reflète dans celle de son (ils Autolycos dont le poëte de l'Odyssée célèbre déjà les hardis larcins et les audacieux parjures' : Autolycos qui, instruit par son père, vole les troupeaux pendant la nuit, qui rend invisible tout ce qu'il touche, qui fait noir ce qui est blanc et blanc ce qui est noir^. Le crépuscule à la nature équivoque, aux formes douteuses, aux promptes et faciles métamorphoses, c'est Hermès, le dieu mobile et changeant, le dieu fécond en ruses, inépuisable en artifices. Il est encore « l'espion ou Péclaireur » de la nuit qu'il précède* ; il est le dieu xuXr^Séxoç, le portier qui veille au point du ciel d'où va sortir la sainte lumière ; il est l'amant d'Hersè, la rosée matinale, le père de Képhalos « la tête du jour'. »

Dans l'hymne homérique, Hermès n'est pas seulement le larron qui dérobe le troupeau d'Apollon: il est encore F inventeur de la lyre. Cette seconde fable qui se mêle et s'enlace, pour ainsi dire, à la première dans le récit du poète, en doit être soigneusement séparée. Le vol des bœufs et l'invention de la lyre nous paraissent deux actions mythiques distinctes, dont l'une n'est pas, comme l'a cru M. Cox^, le développement de l'autre, et qui, tout en se rapportant à la même conception naturaliste d'Hermès, en expriment deux aspects divers. Ce que le poète nous offre d'abord, c'est l'histoire de la construction de la lyre primitive, faite avec la carapace d'une tortue, comme le rappelait la forme qu'on donnait souvent à la table d'harmonie de cet instrument. Le jeune dieu, à peine sorti de son berceau, aperçoit une tortue qui, devant la grotte de Maïa, paissait l'herbe fleurie où elle se traînait lentement. Il se réjouit de cette rencontre et salue l'animal à l'écaillé bigarrée qui va se transformer entre ses mains en un aimable instrument de plaisir. Aussitôt il la ramasse et l'emporte dans sa demeure, puis, avec un ciseau de fer brillant, ilévide le corps de l'animal. Il coupe ensuite des tiges de roseaux de mesures diverses, les passe à travers

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