‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 136 sur 550 · Mythol. ofthe Aryan Nations, II, p · texte numérisé non relu

Mythol. ofthe Aryan Nations, II, p

le dos de la tortue ; autour, il tend une peau de bœuf, ajuste le chevalet entre les deux bras de l'instrument et y adapte sept cordes harmoniques faites de boyaux de brebis. « Aussitôt que ses mains eurent fabriqué le jouet aimable, il l'essaya note par note avec un archet, et sous sa main l'instrument rendit des sons merveilleux. » Mais la lyre qu'Hermès a inventée ne doit pas rester longtemps entre ses mains. Après le vol des bœufs, le dieu fait retentir les cordes de sa lyre pour apaiser la colère d'Apollon. « Phœbos rempli de joie sourit, tandis que les sons aimables de la musique divine pénètrent ses sens, et un doux désir le ravit, pendant qu'il Técoute de tout son cœur. » Le dieu du chant et de la poésie, le chef du chœur des Muses est saisi de plaisir et d'admiration en entendant cette douce mélodie, et il ne peut s'empêcher d'envier à Hermès son invention. Hermès, sans se faire prier, remet la lyre entre les mains d*Apollon, comme gage de sa réconciliation avec lui. Phœbos, de son côté, lui donne à tenir un fouet brillant et lui enjoint de prendre soin des génisses célestes. Désormais Apollon sera le dieu de la cithare, Hermès le dieu protecteur des troupeaux, et, à l'avenir, aucun des immortels ne sera plus cher à Apollon que le fils de Maïa, et Hermès lui-même n'aimera personne autant que le fils de Lèto. Ainsi se termine leur querelle.

Ce mythe, dont la signification n'est pas évidente, a été l'objet d'interprétations diverses. Aux yeux de M. Cox, les sons de la lyre d'Hermès sont l'expression d'une des mélodies de la nature. L'invention de la lyre lui parait indiquer le caractère essentiel du dieu, qui personnifierait la puissance du vent à ses divers degrés, depuis la douceur de la brise harmonieuse jusqu'aux fureurs grondantes de ^ouragan^ Mais, si telle est la signification de la lyre, comment cet instrument peut-il être l'attribut d'Apollon dont la conception est évidemment étrangère à l'idée du vent? Il ne faut pas oublier, en effet, que, d'après le texte même de la légende, la lyre appartient en propre et définitivement à Phœbos. Elle parait donc être avant tout un symbole de lumière et d'harmonie. Or, si Hermès n'est autre chose que le crépuscule, on comprend comment, dans le langage mythique, il était l'inventeur de la lyre. Le crépuscule qui précède le lever de Tastre du jour est celui qui découvre, pour ainsi dire, les germes de la lumière; c'est Hermès essayant les premières notes de l'instrument divin, qui bientôt, sous les mains de Phœbos, éclatera en accents plus merveilleux encore. Mais Hermès est forcé d'abandonner le fruit de son invention et de céder la lyre au dieu de la rayonnante et de l'harmonieuse lumière.

i. Myihol. ofthe Aryan Naiionê, II, p. 232.

En même temps il reste l'ami d*Apollon ; car le crépuscule est indissolublement uni au soleil dont il précède et annonce Tapparition.

La nature crépusculaire d'Hermès explique, d'une façon générale, les inventions diverses qui lui étaient attribuées. Il passait pour avoir trouvé les lettres, les nombres, la géométrie, la musique, les exercices de la palestre dont il avait fait don aux mortels. Il était, par excellence, le dieu inventeur. N'est-ce pas, en effet, le divin crépuscule du matin qui, en faisant apparaître les objets, met au jour les trésors cachés dans l'obscurité de la nuit et les révèle soudain aux regards des hommes? Toutes les découvertes, de quelque nature qu'elles fussent, les plus nobles comme les plus humbles, comme ces trouvailles qui portaient en grec le nom d'Sp{jLata, étaient des bienfaits du dieu.

De ces inventions d'Hermès la plus significative est celle du feu, telle qu'elle est décrite dans l'hymne homérique qui lui est consacrée Quand le dieu a enfermé les génisses d'Apollon dans leur étable sur les bords de l'Alphée, il rassemble une quantité de bois et cherche, dit le poète, « l'art de faire du feu ». Il prend un rameau de laurier, Farbuste facile à enQammer, dont le nom avait été jadis celui de l'ardente aurore (Daphnè) ; il en pèle l'écorce avec le fer et il s'en sert ensuite, probablement comme d'une tarière, pour percer un autre morceau de bois plus mou, et produire le feu par un mouvement de rotation rapide, suivant le procédé primitif de Varanî. « Bientôt la flamme brille, lançant au loin la vapeur ardente d'un grand foyer. » Cette production du feu par Hermès est l'image de la naissance de la lumière matinale : image antique déjà exprimée par les poètes du Yéda. Pour ceux-ci, la première lueur du ciel était un feu divin qui s'allumait, de même que, sur la terre, l'étincelle qui jaillissait du foyer de l'autel était un dieu brillant, un dêva qui venait de naître. De cette assimilation entre la production de la lumière céleste et celle de la flamme terrestre il résulte qu'Hermès est, comme Prométhée, à la fois l'inventeur du feu et l'inventeur des sacrifices dont il a réglé les rites. Dans l'hymne homérique, il amène près du foyer embrasé deux génisses qu'il renverse et qu'il immole : il en partage les chairs, les fait rôtir et les divise en douze portions destinées aux douze grands dieux. Certains monuments le représentent sous les traits d'un jeune garçon dont la main droite tient une coupe pour les libations, tandis que, de la gauche, il entraîne par les cornes un bélier pour l'immoler (fig. 38). Le dieu du crépuscule était en rapport nécessaire avec l'origine des sacrifices. C'était, en effet, au moment où ils voyaient

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