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poindre à l'horizon la blanche lumière, que les Aryas embrasaient le foyer sacré tlonl ia flamme montait vers le ciel, messagère rapide qui allait saluer l'apparition des dieux brillants et leur porter les hommages àe leurs pieux adorateurs. A la même heure, au même instant, s'allumaient le feu du ciel et le feu de l'autel, et une merveilleuse communication s'établissait ainsi entre les habitants de la terre et les êtres puissants dont ils attendaient et dont ils imploraient les bienfaits. On comprend comment, en Grèce, cette flamme matinale du sacrifice était devenue le don d'Hermès, le dieu qui, du sein de la nuit, fait jaillir la lueur du jour.
Le crépuscule , (|ui devance chaque matin l'apparition de l'aurore, est le premier des phénomènes de la lumière. Hermès sera donc le héraut qui précède les dieux, qui les annonce et qui est chargé de proclamer leurs volontés. Il sera surtout le messager de Zeus (le ciel lumineux), son courrier, son serviteur*. Si, le matin, il est le précurseur du dieu du jour, le soir, il est celui des divinités de la nuit. H est donc à la fois le héraut des puissances d'en haut et le héraut des puissances d'en bas *. De là ses relations avec l'idée de la mort et son rôle infernal.
Comme il fait passer le monde du jour à la nuit, on imagina que les âmes qui quittaient la région de la lumière pour descendre dans celle des ténèbres étaient guidées par lui vers le sombre Adès. Il devint le dieu Psyckopompos ou Psyckagogos, c'est-à-dire le conducteur des âmes. H L'occident, dit M. l'ioix', était pour les anciens la grande route des régions infernales. Les dieux de la lumière y disparaissaient. Il était naturel de supposer que les hommes plongés dans la nuit de la mort prenaient le même chemin. Qui pouvait mieux connaître ce chemin et être meilleur conducteur qu'Hermès? Il faisait le voyage quotidien des régions inférieures ; il y entrait le soir, il en sortait le matin.» Le poète de l'Odyssée nous décrit cette conduite des àraes par Hermès qui les précède, armé de sa baguette d'or. « Telles des chauves-souris.
1. &iii îyyùid DiiiiTapoi, Aiic % Eoch., Choeph., 165. Cf.Ovii I, 10, 17 : iDperii deoruin gratua et imii. 3. Mém. cilé. Soc. de lingual., I. II, |i. 119.
an fond d'un antre divin, voltigent avec un bruit strident, quand l'une d'elles tombe de la roche oîi toutes ensemble elles sont attachées; tel est le bi-uissement des âmes qui volent en foule à la suite d'Hcimès, le ' dieu bienfaisant qui les entraîne à travers les sombres chemins. Elles franchissent le cours de l'Océan, elles dépassent la roche Leucade, les portes du Soleil, le peuple des Songes; et bientôt elles arrivent dans ta prairie d'asphodèles où habitent les fantômes de ceux qui ne sont plus*.» Hermès avait donc sa place parmi les divinités chthoniennes. Il était, dans les traditions antiques de Samothrace et d'Eleusis, l'amant de Perséphone et d'Hécate. On voyait son image sur les tombeaux ; on lui sacrinail au moment de la mort', et, le troisième jour des Anthestéries, les mêmes offrandes étaient consacrées aux mânes des défunts et au dieu clithonien. Si les âmes descendent dans les ténèbres infernales sous la conduite d'Hermès, elles peuvent également, grâce à lui, revenir à la lumière (fig. 39). C'est Hermès qui, avecAthèna. guide Hercule dans l'empire souterrain, quand celui-ci tente d'en arracher Cerbère, et qui ramène le héros à la région supérieure. C'est lui qui accompagne Perséphone sortant des enfers. Le chœur des Perses d'Eschyle s'adresse à lui comme à l'une des divinités qui peuvent permettre à l'ombre de Darius de quitter un instant le monde d'en bas pour s'élever à la surface de la terre*. Hermès, dont le domaine est voisin du jour, comme il est voisin de la nuit, était donc conçu comme le gardien des deux portes dont l'une conduit aux ténèbres et au monde souterrain, dont l'autre livr-: passage à la lumière du jour. Il était le portier céleste, et devînt amsi le dieu TOXTjSinoç ou irpoeûpaioç dont on voyait l'image à l'entrée de l'acropole d'Athènes ' et au seuil de divers édifices publics.
Tous ces détails ne font-ils pas ressortir la signification originaire d'Hermès, que suffiraient presque, d'ailleurs, à établir, les deux vers suivants de l'Iliade : « Hermès prit sa baguette dont il se sert à son gré, soit pour charmer les yeux des humains, soit pour les tirer de leur sommeil. o'Le dieu qui endort et qui réveille tour à tour les mortels peutil être autre chose qu'une personnification du double crépuscule? Il nous reste à étudier maintenant d'autres attributions d'Hermès