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qui, tout en paraissant provenir de cette même conception naturaliste, ont avec elle un rapport moins immédiat, plus difficile par conséquent à déterminer d'une façon précise.
Hermès, le crépuscule qui disparait chaque soir à l'occident pour reparaître chaque matin à Porient, a pu être conçu par l'imagination grecque comme un dieu voyageur qui parcourt toutes les nuits, et d'une façon toujours sûre, une route ténébreuse. C'est peut-être pour cela que lui furent appliquées les épithètes d'dcYiQTcop, 'r^Y^P'^vtoç, âvoStoç, qui le désignent comme celui qui guide les hommes en voyage et comme le protecteur des chemins. Aux endroits où les routes se divisent et dans les carrefours des villes, on voyait des piliers de bois ou de pierre surmontés de trois ou quatre tètes d'HermèsS suivant le nombre des voies qui partaient d'un même point pour conduire dans des directions diverses. A Athènes en particulier, il y avait un grand nombre d'flermès au coin des rues, sur les places publiques, aux portes des édifices et des gymnases. Ils y étaient l'objet d'une grande vénération, comme en témoignent le scandale et la terreur superstitieuse causés par leur mutilation, au temps de la guerre du Péloponèse. Dans la campagne, les tas de pierres qu'on voyait aux bifurcations des chemins ou à la limite des propriétés étaient aussi de grossières représentations du dieu '. Chaque passant y déposait une pierre ; on les couronnait de fleurs et on les arrosait d'huile'. Ces amas étaient quelquefois surmontés de piliers en forme de phallus, qui désignaient plus clairement la présence du dieu. L'origine de ces usages superstitieux tient probablement à une équivoque de langage. Le mot ëp[jux, a borne ou poteau », le mot §p[jux^, tas de pierres, dérivent de la même racine que ëpxoç et eTpYO), et comme eux expriment l'idée d'une limite. Mais leur ressemblance avec le nom d'Hermès fit oublier leur véritable sens, et les objets qu'ils désignaient devinrent les images mêmes du dieu. M. Bréal suppose que le diminutif £p[jiiStov ou épiiiSiov, a petite statue d'Hermès », a dû servir de transition. « Dans les pierres grossièrement taillées qui indiquaient la limite des champs, on a voulu reconnaître, dit-il, le dieu Hermès devenu dès lors le patron des propriétaires, mal* gré son ancienne réputation de voleur^. »
Protecteur des voyageurs, des chemins, des propriétés, Hermès est, d'une façon plus générale, un dieu bienfaisant pour l'humanité. Il est le « donneur de biens » (Scirrcop âi<i)v), le dieu èpto6vtoç (très-utile aux
1. Les Hermès i quatre têtes étaient les plus ordinaires.V. Thucyd.,VI,27; Pflus.,IV, 33, 4.