‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 139 sur 550 · Theophr., Caract · texte numérisé non relu

Theophr., Caract

4. Note de la trad. des Nouv. Leç. sur la tcience du langage ^ t. II, p. 220, de Vax MflUer.

hommes) y celui qui procure des bénéfices (xspScooç), par suite et plus tard, le dieu du gain, que ce gain provienne du travail, du hasard ou de la ruse. Dans un sens plus élevé, il est le dieu sauveur et celui qui préserve du mal (dxaxr^Ta). Cette action bienfaisante et préservatrice d'Hermès lui est commune avec d'autres divinités de la lumière. Apollon et Hercule, dieux solaires, sont aussi àXs^ixai^oi. Il n'est guère douteux qu'à l'origine cette épithète, comme celle de àxaxr^Ta, ait eu un sens purement physique. Quel est le mal dont l'homme est délivré par l'apparition du crépuscule ou du soleil ? C'est évidemment l'obscurité de la nuit. Le mot xaxéç a dû exprimer primitivement en Grèce l'idée des ténèbres, comme semble l'indiquer, dans la légende d'Uercule, le nom de Cacus le voleur de bœufs, autrement l'obscurité qui dérobe et qui cache les clartés solaires. Le vent Katxta^ n'est-il pas le vent sombre, celui qui attire à lui les nuages ^ ? Enfin les traditions arcadiennes rapportaient qu'Hermès avait été élevé par Âcacos , fils de Lycaon , en d'autres termes, enfant du dieu de la lumière *. L'épithète àxaxiQ-a appliquée à Hermès semble donc nous ramener encore à la conception du crépuscule matinal, imaginé comme un dieu libérateur qui chasse le mal dont souffrent les hommes, qui met en fuite les ténèbres et la redoutable obscurité de la nuit.

D'après une des données de la légende que l'hymne homérique nous a transmise, Herpfiès, on s'en souvient, fait sortir de leur étable, au lever de l'aurore, les génisses qu'il a dérobées et dont le soin lui est désormais confié, en échange de la lyre dont il abandonne la possession à Apollon. H est donc le divin berger qui, le matin, ouvre aux troupeaux solaires les portes de leurs pâturages célestes. De là, sans doute, son rôle de dieu Nomios et Épimèlios. Ce caractère d'Hermès remonte aux plus anciens temps de la Grèce et s'est développé surtout dans l'imagination des premières populations pastorales de cette contrée. Chez Homère, le Troyen Phorbas (le berger) aux nombreux troupeaux est chéri entre tous par Hermès, « qui lui a donné la richesse x> '. La même idée s'exprime par l'union du dieu avec la nymphe thessalienne Polymèlè, qui donne le jour à Polijdoros *. Les traditions de Samothrace, un des principaux établissements des Pélasges, rapportaient que Saon, qui le premier avait colonisé l'île, était le fils d'Hermès et de Phènè (la déesse des troupeaux de moutons) '. En Arcadie, Hermès est le père de Pan, né de son union avec les filles de Dryops (l'homme

Page 1