V. Rossignol, Les Métaux dan$ VanHquiU, p
échanges, aux trafics, au commerce, sous ses formes diverses. Il deyint le dieu ^Y^paToç ou èfjiicoXaToç dont on voyait l'image à l'entrée des agoras des principales villes de Grèce, et auquel on attribuait l'invention des mesures, des poids, des balances, de tout ce qui concernait les marchés ^ Il a sous sa protection les marchands qui voyagent, sur terre comme sur mer, dans l'intérêt de leur négoce, et c'est ainsi que son culte, suivant les routes du conunerce grec, fut porté sur plusieurs points de la Méditerranée, et se répandit surtout en Italie, où il se confondit facilement avec MercuriuSj qui avait avec lui cette unique ressemblance d'être un dieu présidant à l'échange et à la vente des marchandises. Les gains provenant des trafics commerciaux étaient ainsi les dons du dieu %eplCùoq. Co caractère particulier d'Hermès s'exprimait par la bourse pleine et chargée qu'il porte quelquefois à la main '. Mais cet attribut n'apparaît que sur des monuments d'époque peu ancienne. L'idée dont il est le symbole a été pendant longtemps étrangère à la conception de rilermès hellénique et n'a atteint son complet développement que sur le sol de l'Italie.
Le messager des dieux se présentait nécessairement à l'imagination grecque comme un coureur infatigable. Pour exécuter rapidement les ordres qui lui étaient confiés, il devait avoir un corps juvénile, doué à la fois de vigueur et d'agilité. Il était donc l'idéal des éphèbes grecs dans la vie du gymnase, dont les exercices exigent les qualités de souplesse et de force, qui sont celles d'Hermès. De là son rôle de dieu Agonios^ c'est-à-dire qui préside aux luttes et aux concours gymniques. Il était le chef divin des éphèbes, celui qui, armé seulement de sa strigile, s'était placé à la tête des jeunes gens de Tanagre pour repousser une invasion des Eubéens ', et qui pouvait communiquer ses merveilleuses vertus à ceux qui se plaçaient sous sa protection. Hermès Enagonios était représenté quelquefois par les artistes grecs comme un adolescent vainqueur à la course, qui emporte la palme et la couronne qu'il vient de conquérir (fig. 41). C'était lui qui donnait la victoire dans ces luttes éphébiques dont on lui attribuait l'institution et qui portaient son nom ('Ep{juzta)^. Les palestres et les gymnases étaient remplis de ses images, d'inscriptions composées en son honneur, de consécrations qui lui étaient communes avec Héraclès , le dieu de la vigueur physique, qui ne pouvait d'ailleurs se confondre avec lui. Hermès, en effet, ne communiquait pas seulement la force : il était
i. Paus., I, 15, 1. Luc, Jup. Trag., 33. Diod., V, 75.