Pind., Olymp., VI, 79 ; Pyth,, II, 10, etc
15e MYTHOLOGIE DE LA GRÈCE ANTIQUR.
encore le dieu Charidolès, celui qui donnait la grâce ' ; celte grâce incomparable dont la fleur s'épanouit sur tous ces beaux corps d'adolescents dont la statuaire grecque nous a légué les vivantes images.
Considéré comme l'interprète des dieux, comme celui qui transmet et qui explique les volontés de Zeus, Hermès devait posséder le talent de l'expression claire et facile, et le don souverain de la persuasion. 11 devint ainsi le dieu de la parole et de l'éloquence. Quand Pandore, la première femme, a
été façonnée par les mains d'Héphœstos, narée et - Uerm^ dieu , ,,. , -, ■ .- , n
embellie par les soms de tous les dieux, c est Hermès qui lui donne la voix, cette voix séduisante et artiflcicuse qui doit être fatale aux hommes*. 11 est « le conducteur des Chantes », celui qui amène avec lui les grâces qui touchent et qui persuadent. 11 est, scion l'expression d'Horace, « l'éloquent petit-lils d'Atlas », le dieu Xf-f'oï que plusieurs de ses sta* tues représentent le bras droit levé, dans l'attitude d'un orateur*, et dont Démosthène et, après lui, les principaux maîtres de l'éloquence, étaient les terrestres images*. Vers la fin de l'hellénisme, les philosophes s'emparèrent iJecette conception d'Hermès pour lui prêter un sens encore plus élevé. Profitant de la ressemblance du nom du dieu avec les mots ép^i^veû; et ip;j.i;v£(a, ils le considérèrent comme l'inventeur du tangage, expression non-seulement de la pensée humaine, mais de la raison divine qu'il aurait communiquée à l'intelligence des hommes, a Hermès, dit le stoïcien Cornutus, n'est autre chose que le Xiyoi; envoyé du ciel sur la terre par les dieux '. o Dès l'époque de Platon, Hermès avait été comparé par les philosophes au dieu égyptien Thot ou Theut *. Les deux divinités furent complètement identifiées aux premiers siècles de l'ère chrétienne, alors que le néo-platonisme, faisant un suprôine effort contre les doctrines nouvelles, essayait de donner une haute et spiritualiste signification à la sagesse des Égyptiens et de la confondre avec celle des Grecs, pour trouver dans celle-ci un sens religieux profond et un caractère d'antique révélation. Le dieu
1. Hym«. Aom. Hrrm.. 18; (f. T, 575. Odgit., XV, 319. A S»moi,on célébnil uneléle ea l'honneur du dieu x'p'^i'nt [f\ul.,QiueU. gr., 55).