‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 144 sur 550 · Fhileb · texte numérisé non relu

Fhileb

Theut était l'auteur de toutes les inventions, de tous les arts, de la législation, de la religion ; il était le père de toute science. Hermès, confondu avec lui, devint le grand et suprême révélateur, la source divine de tout ce que l'esprit humain avait découvert et confié à l'écriture. Il fut le dieu Trismégiste (trois fois grand) auquel on attribua un grand nombre d'ouvrages d'origines et de provenances diverses, dont les plus anciens ne paraissent pas remonter au delà du troisième siècle de Tère chrétienne ^ Mais cet Hermès, de création philosophique, n'a rien à voir avec les croyances traditionnelles de la Grèce.

Parmi les attributs d'Hermès que nous avons signalés, le plus essentiel est le caducée (xiQpuxsiov) dont il faut distinguer la forme ancienne de la forme relativement récente. Primitivement, le caducée est un bâton sans ornements, dont la tête noueuse donne naissance à deux branches qui , en se bifurquant , s'arrondissent pour se rapprocher à leurs extrémités. Plus tard, le caducée eut une forme artistique. C'est un bâton ailé autour duquel s^enroulent deux serpents entrelacés (fig. 42) dont les corps sont quelquefois réunis par un nœud au bout de la baguette et dont les têtes se regardent et se touchent. Il est le plus souvent l'insigne du héraut et un symbole de paix. Mais la baguette d'Hermès a en même temps un pouvoir merveilleux. Elle endort et réveille les mortels ; elle attire après elle les âmes des morts. Elle change en or tout ce qu'elle touche, comme ^^* ^*l'indique Tépithète de yjpufj6(i(i2T:iq appliquée au dieu, et semble être un symbole d'abondance et de richesse analogue à la verge magique {Wûnschelruthe) des légendes germaniques*. N'estelle pas l'attribut du dieu qui, chaque matin, opère la magique transformation des ténèbres en la lumière dont l'apparition est le plus grand des bienfaits et la source de toute prospérité pour les hommes!

Dès les temps homériques, la rapidité de la course d'Hermès, messager des dieux, s'exprimait par la vertu des sandales qu'il avait aux pieds : « sandales magnifiques, sandales dorées qui le portent, soit sur l'élément humide, soit sur la terre immense, avec le soufDe du vent*. » Pour préciser cette idée, les artistes ajoutèrent à ces sandales des ailes qui, plus tard, s'adaptèrent en outre au chapeau, au caducée, quelquefois même aux épaules et à la poitrine du dieu. Enfin, quand la tête

1 . Y. Baumgarten-Grusius, De librorum kenneticorum origine atque indole (1827), et surtout L. Ménard, Hermès Trismégiste (1866].

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