Hymn. hom., Apoll. Pijth
5. Faut-il rapprocher ce rire provoqué par Héplisstos du rire du dieu lui-iuéine, tel c|u on croyait rentendrc dans le pétillement de l'àtre, suivant une su^>ci-^titiun rapportée par Arîstot^^ {Meleor.f 11,9)? «r L'assiniiidliou du tonnerre ù un rire, dit M. Xl'ansL'isieï {Vuet poéliqueê
DIVINITÉS DU FEU.— lIÉPlIiESTOS. 163
d'Héphsestos comme une conséquence de sa chute. Mais cette explication n'est pas la véritable. Chez Homère, en effet, le dieu est boiteux dès sa naissance, et c'est à cause de ce vice de conformation que sa mère le prend en haine, qu'elle Veut le dérober à la vue des immortels et qu^elle le précipite du séjour céleste. L'infirmité de cet enfant mal venu a donc sa raison dans la nature propre du dieu, et Tidée a dû en être inspirée aux ancêtres des Grecs par le spectacle même du feu. Faut-il dire, avec M. Cox, qu'Héphîcstos est infirme de naissance, parce que le feu, avant de s'élancer en flammes ondoyantes, est, à son commencement, un être faible et débile'? Le dieu boiteux ne rappelle-t-il pas plutôt le mouvement vacillant de la flamme ou les zigzags que décrit la foudre en tombant du ciel? Toujours est-il que ce trait essentiel du dieu hellénique doit avoir une lointaine origine ; cai nous le trouvons, dans la mythologie du Nord, chez Loki, qui correspond à certains égards à l'Héphsestos des Grecs, et dans les traditions populaires, modifiées par le christianisme, qui, en transformant l'ancien dieu du feu en un démon malfaisant puni pour ses forfaits, se souviennent encore de lui comme d'un diable boiteux.
L'Iliade nous offre deux versions différentes du mythe célèbre de la chute d'Uéphwstos, D'après le premier récit, le dieu encourut la colère de Zeus en voulant porter secours à liera que le maître de TOlympc avait suspendue, pour la châtier, entre le ciel et la terre. « Jupiter, dit le poète, saisit Héphsestos par le pied, et, du seuil divin, le lança dans l'espace où il fut emporté pendant toute la durée du jour : au coucher du soleil, il tomba à Lemnos où il fut recueilli par les Sintiens^ » Ailleurs, c'est liera elle-même qui, rougissant de son fils, s'en débarrasse en le précipitant de l'Olympe ; mais, au terme de sa chute, le malheureux dieu a la bonne fortune de rencontrer Thétis et Eurynomè qui le reçoivent dans leur sein, et là, dans les profondeurs de l'océan, auprès de ces bienfaisantes divinités de la mer, il passe neuf années d'une vie laborieuse, occupé à forger de merveilleux ouvrages*. Ces deux récits, malgré les différences de détails qui les séparent, ont un fond et un sens identiques. Le simple phénomène de la chute
des Slaves Mur la nature, II, p. 537-338), se rencontre dans les poésies des Indous ; chez les Slaves, les Germains et autres nations conp^énèresi elle a produit les mythes rur le rire formidable de Satan ». Le dieu slave Liéchii\ devenu le génie des bois après avoir été celui des nuées orageuses, a des éclats de rire qui s'entendent, suivant les récits populaires, à quarante verstes à la ronde {ibid., p. 338). — Nous devons ce renseignement à l'obligeance de notre collègue et ami M. Alfred Hanibaud.
\.MythoL,\\, p. 197.