‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 150 sur 550 · Paus · texte numérisé non relu

Paus

DIVINITÉS DU FEU. — HËPIIjGSTOS. lUS

ce récit mythique. En Grèce comme en Italie, les terrains volcaniques sont, on le sait, singulièrement TaTorables à la croissance de la vigne. Les îles de Leinnos, de Naxos, de Santorin, produisaient et produiseni encore aujourd'hui un vin excellent dont le feu semble em|>i'unté à l:i nature du sol oîi on le récolte. Le dieu de la vigne el le dieu dus volcans, tous les deux d'origine thrace d'ailleurs, se trouvaient ainsi unis par certains rapports d'amitié', il n'est donc pas étonnant que Diony-

sos ait été choisi pour ramener Iléphiestos dans t'Olympe, à l'époque où les hommes commencent à s'enivrer du jus de la vigne, c'est-à-dire dans la saison d'automne où éclatent en Grèce les premiers orages, où reparaît le feu du ciel.

D'autres traditions nous montrent encore dans iléphaestos un dieu de la foudre. Comme Prométhée, qui a plus d'une aflinité avec lui, il fend la tète de Zcus pour en faire sortir Athèna'; en d'autres termes, il fait jaillir l'éclair du front du ciel orageux. Les fables attiques témoignent de ia communauté de nature qui rapprochait Héphiestog et Athèna. On racontait que le dieu du feu céleste s'était endammé d'amour pour la brillante déesse et qu'il avait tenté de s'unir à elle. La légende athénienne avait, au prix d'un détail révoltant et tout en faisant nailre le héros Érichtonios du résultat de cette amoureuse poursuite, sauvegardé le caractère virginal d'Athèna'. Mais des traditions

1. Obseiolkin cli> Prt'ller, Gritch. Mythol., I, 144 (3* rdil). S. Apollnl., I. 3, fi.

.1. Apollod., [I[. 14. e. a. Emlt^tli. Calailrr., XIII. M<,lh«gi-. Cr.. Wr'lermann, p.SflO. Srhol. Eurip. Med..m\,.

postérieures siipposnienl que l'union des deux divinités avait été consommée et qu'il en était né, soit Apollon Patroos, soit lIélios^ Ce dernier est d'ailleurs, d'après d'autres textes, en relation intime avec liéphœstos qu'il aide à combattre les Géants' et auquel il révèle, dans YOdyssée^ les amours secrètes d'Ares et d'Aphrodite. Le caractère d'iiéphseslos, dieu du feu solaire comme du feu de la foudre, se marque encore très-nettement dans le choix des épouses qui lui étaient attribuées. V Iliade lui donne pour femme Charis'; la Théogonie, l'aînée des Charités, Aglaïè, « la brillante », personnification des rayons de l'aurore*. L'épouse qui lui est assignée par le poëte de YOdyssée^ Aphrodite, est peut-être d'une nature analogue. Mais cette dernière tradition semble s* être rencontrée avec une autre, qui faisait d'Aphrodite la femme d'Ares. C'est sans doute pour résoudre cette contradiction que le poëte homérique imagina de représenter l'union de ces deux dernières divinités comme un commerce adultère dont Héphsestos aurait rendu un jour tous les dieux témoins, en enlaçant les deux amants dans un réseau inextricable, merveilleux produit de son art. Les légendes qui représentent Iléphsestos comme le dieu du feu céleste, à l'exclusion de toute autre idée, paraissent être les plus anciennes. Il est à remarquer, en effet, que, chez Homère, l'atelier du dieu n'est pas encore placé dans les entrailles de la terre, soit à Lemnos, soit ailleurs : il est sur TOlympe même. C'est en arrivant au séjour des dieux que Thétis aperçoit la demeure d'IIéphœstos : « demeure immortelle, demeure étincelante, constellée d'étoiles, d'un airain éclatant, que l'artiste boiteux s'est fabriquée lui-même'. » Là, près de ses fourneaux embrasés, il forge une quantité de beaux ouvrages destinés aux dieux ou aux héros. La magnificence de ces objets, leur riche matière, leurs lumineux reflets, semblent être les images de certains phénomènes solaires. Parmi les œuvres d'Héphseslos on citait, en effet : le char d'Uélios, la cuirasse d'or d'Héraclès, celle de Diomède, l'armure complète d'Achille avec son bouclier merveilleux, si longuement décrit au dix-huitième chant de Ylliade; le sceptre de Zeus et son trône d'or; les sièges où s'asseoient les dieux, et tout le palais de l'Olympe. On lui altribunit encore la fabrication d'un grand nombre de trépieds, de coupes ciselées, d'objets d'art faits pour orner les demeures des héros favoris des immortels. En un mot, il est l'artiste divin qui a

1. Cicor. De Nat. D., III, 22. Cf. Geihai-d, AuserUë, Vas., I, 55-56. Palœphat.. De ïncred.f 53.

2. Apollod., I, 6, 2. Élite Céram., I, p. 160. Gerhard, Trinkschalen, pL 10-11.

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