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DIVINITÉS DU FEU. — HÉPHiESTOS. 167
créé tout ce qu^il y a de beau et de brillant dans la région céleste, comme la flamme du soleil est l'ouvrière de ces mille teintes qui colorent le ciel à l'occident et à l'orient, de ces reflets éclatants dont se parent les nuages dorés par ses rayons. D'après cette antique conception, Iléphœstos n'a donc pas de résidence terrestre : le ciel seul est le thcàtre de son actif labeur.
Plus tard, la forge d'iléphaestos fut transportée à Lemnos, dont le volcan, très-actif dans Tantiquité, ne paraît s'être éteint complètement qu'à l'époque d'Alexandre : Lemnos, terre chérie d'Héphu^stos, habitée par les barbares Sintiens\ dans lesquels il faut reconnaître sans doute non une peuplade réelle, comme le croyaient les anciens, mais des êtres mythiques, analogues à ceux qui sont les compagnons ordinaires du dieu*. C'était là qu'il avait eu pour ami ou pour maître dans l'art de la forge Kèdalion (le brandon enflammé); là aussi on lui donnait pour flls les Cabires, génies du feu souterrain et des travaux métallurgiques. Au pied du volcan Mosychlos, on voyait le plus ancien temple d'Héphaestos, à la place même où, pour la première fois, le feu était tombé de sa source céleste, et où Prométhée, d'après Eschyle, avait exécuté son larcin^. Le culte du feu à Lemnos, dont le nom et les monnaies de la ville d'Héphaestias sufflraient à rendre témoignage, est encore attesté par un curieux usage religieux. Chaque année, à une époque déterminée, le feu était éteint dans toutes les habitations de l'île pendant une période de neuf jours : on attendait pour le rallumer le retour du vaisseau sacré de Délos qui apportait avec lui un feu nouveau, que l'on accueillait joyeusement, que l'on se communiquait bientôt de foyer en foyer et qui devenait, disait-on, le signal d'une vie nouvelle*. Cette coutume n'indique pas seulement les rapports qui unissaient la religion du dieu du feu avec celle d'Apollon, le dieu solaire : « On y voit clairement exprimé, dit Prcller, le même sentiment qui perce dans le mythe de Prométhée ; à savoir que le feu terrestre dérive du feu céleste, qu'il est souillé par son application aux besoins de la vie humaine, qu'il doit retrouver sa pureté à la suite de cérémonies expiatoires, et par son retour à sa source originelle*. »
A l'époque des premiers établissements grecs en Sicile, Héphaestos eut pour demeure et pour atelier l'immense fournaise de l'Etna, où il