Griech. Mylhol., p
est aidé dans son travail de forgeron par les Cyclopes*, anciens génies de l'éclair et de la foudre qui ont subi la même métamorphose que lui. On le représentait encore debout au sommet du volcan où il est le gardien de Typhon, dont le corps gigantesque est enfermé sons la masse de la monla<îno, et sur la tête duquel il appuie ses enclumes pour y forger son fer rouge*. Des contes populaires, qui se racontaient sans doute longtemps avant Tarrivée des Grecs dans la région de l'Etna, et qui ont leurs analogies dans la mythologie germanique', célébraient la redoutable puissance du volcan et son mystérieux travail de transformation.
Iléphaestos étant par excellence le forgeron divin, les Grecs devaient naturellemeni lui attribuer l'invention du travail des métaux dont le feu est rindispensable condition. Le mythe du feu dérobé au ciel et communiqué aux hommes appartient, il est vrai, en propre à la légende de Promélhée, et ne se retrouve pas dans celle d'iléphaestos. Mais les courses aux flambeaux qui faisaient partie des fêtes du dieu comme de celles du Titan* sont probablement la tradition persistante de cette idée disparue de la poésie populaire. Les textes homériques, d'ailleurs, nous montrent dans lléphsestos le dieu qui a enseigné aux hommes tous les arts métallurgiques. « 11 a instruit à faire de beaux ouvrages les mortels qui jusqu'alors habitaient des cavernes aux flancs des montagnes, comme des bêtes fauves *. » Il est donc, comme Prométhée, un éducateur de la race humaine : image du feu qui a été, sur cette terre, le premier instrument de la civilisation, et dont la conquête a servi de point de départ à tous les progrès.
Un pouvoir d'un ordre plus élevé encore appartient à Iléphaestos dans la mythologie grecque. Son talent ne se borne pas à transformer les métaux bruts pour en faire des œuvres artistiques ; il sait encore donner aux œuvres qui sortent de ses mains le mouvement et la vie. 11 est l'auteur et le créateur d'êtres animés. C'est lui qui a fabriqué les chiens d'or du roi Alcinoos et les taureaux d'airain d'iEétès qui vomissent la flamme*. Dans sa demeure olympienne, Thétis n'aperçoit pas seulement des machines automates: elle y admire des vierges d'or, servantes du dieu, « en tout semblables à des jeunes filles vivantes » : elles sont douées de l'intelligence, de la voix et du mouvement. Peut-
1. Calliin., In Dian., 40 sqq. Stral»., VI, '275. A|)oII()n. Anjon., IV, 701. *2. Anlonin. Lih., Transfonn., XXVIII.