‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 153 sur 550 · Odtjsx., VU, 91. Apollod., I · texte numérisé non relu

Odtjsx., VU, 91. Apollod., I

DIVINITES DU FEU. — lIÉPiliESTOS. 160

être CCS créations merveilleuses s'expliquent-elies encore par le spectacle des nuages mobiles qui, dans le ciel illuminé par la flamme solaire, affectent souvent des formes d'animaux et de personnages fantastiques*. Mais la puissance créatrice d'IIéplucslos va plus loin que le monde des animaux et que les brillantes apparitions du ciel : elle s'étend à la race humaine. De même que Prométhée a façonné le premier homme, lléphaîstos crée la première femme, Pandore. Sur Tordre de Zeus, d'après Hésiode, Tarliste divin pétrit de l'argile avec de l'eau et en modela une statue qu'il doua de la voix humaine et de la force vitale*. Pandore sera embellie de tontes les grâces et parée de tous les attraits par les soins d'Aphrodite ; mais c'est IIépha}^tos qui l'a façonnée et qui lui a insufflé la vie. Remarquable tradition qui nous montre que, longtemps avant le développement de la philosophie, l'àme humaine avait été conçue comme une force ignée, qu'elle était déjà, pour les premiers Grecs, une étincelle divine : idée (|ui remonte d'ailleurs jusqu'aux origines aryennes. Dans les Védas, Bhrigu, le dieu de l'éclair, n'est-il pas un créateur? Et son (ils Cyavanà, dont le nom exprime l'idée de la foudre tombée sur la terre, ne devient-il pas l'ancêtre de toute la race humaine, en épousant la fille de Manu*?

L'anthropomorphisme homérique avait représenté Iléphsestos sous les traits d'un homme robuste, dans toute la vigueur de Tàge, à la figure barbue, aux bras nerveux, à la poitrine velue. Ce type fut celui qu*adopta la plastique grecque*. L'infirmité traditionnelle du dieu était, il est vrai, une difficulté pour les artistes, qui souvent la supprimèrent. Quelquefois, ils avaient réussi à l'indiquer sans que leur œuvre eût rien de disgracieux. Au témoignage de Cicéron, il était facile de reconnaître le dieu boiteux dans la célèbre statue due au ciseau d'Alcamène' ; mais ce détail, qui donnait à l'image d'iléphsestos un caractère d'originalité intéressante, ne lui enlevait rien de sa force. La figure du dieu qui, à l'origine, paraît avoir affecté des formes juvéniles, qui, plus tard, fut celled'un homme mûr, offre d'ailleurs peu de variantes dans les rares monuments qui nous en restent, iléphâestos est

1. C'est à peu près ainsi que dans le Kalémla {Tî!* nino, Irad. LwMizon le Duc) le forgeron Ilninrinen voit suaressivement sortir de sa fournaise n une brebis à la toison d'or, à la toison de cuivre, à la toison d'arpent ; un poulain à la crinière d'or, à la t^te d'ai-gent, aux sabots de ruivre; enlin une jeune fille à la tète d'argent, à la chevelure d'or, au corps plein d'attraits ».

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