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DIVINITÉS DU FEU. — HESTIA. i7i
gner de la primauté qui lui était assignée dans la hiérarchie des êtres divins. A Olympie, son autel était le premier où Ton sacrifiait \ La locution proverbiale à9"E(jT(a<; rappelle qu'elle recevait les prémices de tous les sacrifices, et que dans les festins la première libation était faite en son honneur. Sœur de Zeus et d'Hèra, de Demèter, d'Adès et de Poséidon, Hcstia, en vertu de son titre d'aînesse, occupait donc un rang supérieur à celui de ces grandes divinités et avait sur elles une sorte de droit de préséance. Quant à l'histoire de sa vie divine, elle se réduit à un mythe unique. Poséidon et Apollon, disait-on, avaient recherché son union ; mais la vierge vénérable (a?8o(t;) résista énergiquement à leurs instances. Poursuivie par ses amants, elle vint se placer sous la protection de Zeus, et là, « ayant touché la tête du maître de l'égide, elle jura par un serment solennel, serment qui s'est accompli, qu'elle resterait vierge éternellement *. » Ce double caractère de la primauté divine d'Hestia et de son éternelle virginité ne s'expliquera pour nous que quand nous aurons défini les idées essentielles qui se groupai^t autour de son nom.
Pour aéterminer ces idées, il faut évidemment rechercher les motifs qui avaient fait attribuer au foyer, dont Hcstia est, en Grèce, la personnification, un caractère sacré. Quelle était donc la valeur première du mot £(jTta? Ce mot, sous sa forme dorienne surtout, Ficrcia, se rattache, comme le latin Vesta, au radical sanscrit vas. Mais ce radical a, dans la langue antique de l'Inde, deux sens très-différents. Tantôt il veut dire « habiter ; » tantôt il signifie « briller. » Les linguistes qui ont essayé d*expliquer l'étymologie du mot grec laiia se sont partagés entre les deux sens de la racine vas^ : la question ne peut donc être tranchée rigoureusement par la philologie. Mais, au point de vue mythologique, la seconde signification nous parait plus probable, parce qu'elle nous reporte à un ordre d'idées plus anciennes ^ Faire du foyer le symbole de l'habitation, cela suppose un certain degré de réflexion et d'abstraction ; il suffit au contraire d'ouvrir les yeux pour être frappé de l'éclat de la flamme « brillante » qui éclaire et qui échauffe. Il nous semble donc que les premiers Grecs qui ont donné un nom au foyer ont dû le désigner, moins en songeant à la pierre immobile placée au centre de l'habitation et qui sert de support au feu.