Hytnn. hom., IV, 21 sqq
3. V. G. Curtius, Grundziige der Griech. EUjm,, p. 356, 2* édit.
4. L'opinion contraire est soutenue par M. Th.-H. Martin dans sa savante élude sur la iignification cosmographique du mythe d'Hestia (Méni. Acad. Inscript., t. XXYIII), qui nous a été souvent utile pour la rédaction de ce chapiti*e.
qu'en songeant au feu lui-même. N'était-ce pas ce feu surtout qui était sacré? N'était-ce pas en lui que résidait la divinité, comme en témoignent les croyances populaires qui voyaient dans le pétillement de la flamme soit un sourire, soit une menace d'Hestia^? Ce feu domestique avait, comme tous les autres, une origine céleste ; d'ailleurs, c'était lui qui, sur les autels publics, montait vers le ciel pour y porter les vœux et les offrandes des hommes qui entraient ainsi en communication avec les dieux de Téther. Dans le sacrifice, sa naissance et son action brillante étaient les conditions indispensables de l'adoration des autres puissances célestes, qui ne se rendaient qu'à son appel ; il était le premier dieu qui révélât sa présence sur la terre, et c'est peut-être pour ce motif qu'IIestia avait été placée à la tète des généalogies divines. De même, dans les Védas, Agni, le feu de l'autel, usurpe quelquefois le premier rang, qui appartient d'ordinaire à Indra, et devient la divinité suprême des Aryas. La signification sacrée du mot èoria nous.paraît donc se rapporter surtout au feu allumé pour le sacrifice. Ce n'est pas la une pure hypothèse. Il était resté dans les croyances religieuses de la Grèce certains souvenirs de cette identité primitive d'écxia avec le foyer étincelant de l'autel. « Zeus a accordé comme récompense à Hestia d'être honorée dans tous les temples des dieux *, » c'est-à-dire que dans chaque sanctuaire elle représentait le feu sacré qui brûlait en l'honneur de la divinité qui y habitait. A Delphes, son autel était « le foyer commun » des Hellènes ; c'était auprès de lui qu'on venait rallumer le feu des temples quand il s'était éteint '. L'association d'IIcstia et d'Hermès âur les monuments de l'art et de la poésie grecques^ témoigne de la même conception. Hermès, en effet, avait été l'inventeur des sacrifices, en allumant sur la terre le premier feu en l'honneur des dieux.
Dans les habitations primitives de la Grèce, le foyer ne sei^vait pas seulement aux besoins journaliers de la vie : il était encore l'autel où Ton sacrifiait aux divinités domestiques. Il devait donc être sacré comme le foyer des sacrifices publics. Par suite, il occupait la même place que le feu sur l'autel ; il était exactement au centre de la maison, dont le toit était percé pour livrer passage à la fumée. Quand l'éwa se transforma en une personne divine, le centre sacré autour du-