Pliil., Arist
4. Phidin<« avait rappi-oclié Hermès d'Hostia sur In base de son Jupiter Olympien (Paus., V, II, 8). Cf. la base de trépie<l (aiilel des douze dieux) qui est au Louvre. Fitihner, Notice de la sculpture antique y I, p. 5 et 6, n"* 198-199: double ti^le d'Hermès etd'IIestia.
DIVINITÉS DU FEU. - IlESTIA. 173
quel se groupait la famille devint la résidence d'Hestia, a qui siège au milieu de Thabitation », qui est ainsi la première des divinités de la famille ; qui a appris aux hommes à se construire des demeures, qui leur procure tous les bienfaits de la vie domestique ^ En Grèce, la cité n*étant que Timage agrandie de la famille, chaque cité avait son foyer commun, où l'on entretenait un feu perpétuel en l'honneur d'IIestia, et qui était le centre religieux de la vie publique. Le foyer des Prytanées avait remplacé l'ancien foyer du roi *. Asile sacré des suppliants, lieu de réception pour les hôtes et les ambassadeurs étrangers, cet édifice, de forme circulaire, avait à son centre un autel d'ilestia où brûlait sans cesse le feu de la cité. C'était ce feu que Ton emportait dans les expéditions guerrières ; c'était à ce foyer sacré de la mère-patrie que les émigrants venaient allumer la flamme destinée à être portée dans leur nouvelle demeure.
De l'étroite enceinte de la cité cette conception s'était étendue à toute la Grèce, et ensuite à la terre entière dont Delphes passait pour être l'ombilic (cjjLçaXoç), c'est-à-dire le point central. On disait, en effet, que deux aigles, lancés par Jupiter des deux extrémités de la terre, à l'orient et à l'occident, s'étaient dans leur vol rencontrés à Delphes '. Il y avait donc dans le sanctuaire d'Apollon delphien un autel d'Hestia, objet d'une singulière vénération, et où l'on voyait a le foyer commun » (xcivï; èa-ia) de la Grèce et du monde. « Le foyer de Delphes, dit M. Th. -H. Martin ^, était censé occuper, sur la surface circulaire et plane de la terre et sous la voûte du ciel, une place semblable à celle que le foyer domestique nommé aussi, pour cette même raison, (xs^i^jLçaXoç, occupait sous le milieu du toit dans les maisons primitives de la Grèce. Dans le temple de Delphes, auprès du foyer sacré, était placée la pierre oiJi^aXo*;, qui était sans doute supposée marquer le point précis du milieu du disque terrestre. » Ainsi la conception religieuse d'Hestia, sortie de l'habitation de la famille pour s'étendre à la terre entière, habitation de la race humaine, avait insensiblement acquis un caractère cosmographique qui modifiait singulièrement la nature primitive de cette divinité.
Les opinions populaires des Grecs, telles qu'on les trouve déjà exprimées chez Homère et chez Hésiode, n'attribuaient pas à la terre la forme d'une sphère : elles l'assimilaient à un disque dont la circonférence est entourée par le fleuve Océan et que recouvre la voûte solide
1. Diod., Y, 68 ; Cnllira., m DeL, 525 ; m Cer., 129. Eustath. ad lliad.,p. 755.