Eschyle, Choéph., 1030, !M|q
4. Mémoire cité (Acad. hiscript.f t. XW!!!, prciuièrc partie, p. 338),
du ciel. Au temps de Plutarquc, ces opinions étaient encore vivantes : on disait alors que la table hospitalière, nommée par quelques-uns loria, paraissait offrir « une imitation de la terre »^ Or, cette table hospitalière, dont pade Plutarque, était sans doute la table circulaire à trois pieds, table primitive des Grecs, et dont le plateau affectait, en effet, exactement la forme du disque terrestre. La place assignée à Delphes au foyer d'Hestia montre que les anciens supposaient dans l'épaisseur de ce disque l'existence d'un feu central. Ce foyer étemel, principe de toute vie terrestre, n'était autre qu'IIestia. On conçoit donc que cette divinité ait pu être confondue avec la Terre. C'est ce qu'indique la forme même des édifices qui lui étaient consacrés. En Grèce, les Prytanées, où l'on entretenait le feu d'Uestia, étaient des édifices circulaires. A Rome, le temple antique de Vesta était également une enceinte circulaire, qui avait à son centre l'autel où brûlait le feu sacré, et entourée de colonnes supportant une coupole ' ; « image de la terre circulaire et plane, ayant le feu d'Uestia au milieu de sa surface, et la coupole du ciel au-dessus d'elle '. »
Cette identification d'Uestia avec la Terre n'est point une invention tardive de la philosophie cosmologique des Grecs. On la voit trèsnettement établie dès le cinquième siècle avant l'ère chrétienne. Euripide nous dit que « la terre, mère de toutes choses, est appelée par les sages Hestia, assise sur l'éther \ » Or, ces sages dont parle le poète sont sans doute les Orphiques dont il reproduit souvent les idées, et qui, s'ils n'ont point été les auteurs de cette conception, ont du moins contribué à la répandre^. Dans les hymnes qui ont fidèlement conservé la tradition de leurs doctrines, Hestia, fille royale du puissant Cronos, habite la demeure centrale du feu éternel ; séjour des dieux bienheureux, elle est en même temps le support solide des mortels ^. Mais, chez les Orphiques comme chez les Pythagoriciens qui ont avec eux de nombreux rapports, la signification d'Uestia s'élargit encore. Elle n'est plus seulement la terre qui possède à son centre le feu, source de la vie : elle est la teiTe considérée dans la place qu'elle occupe au sein de l'univers. Le trône d'Uestia est le « siège central du cosmos )» , et ce siège est immuable. « Hestia, dit Platon, reste seule en repos dans la demeure des dieux ^ » Elle est donc la terre, placée au centre du monde,