‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 159 sur 550 · DIVINITES DU FEU. — HESTIA · texte numérisé non relu

DIVINITES DU FEU. — HESTIA

OÙ elle est stable et immobile, tandis que les autres corps célestes accomplissent leurs révolutions. Ce caractère d'Hestia explique en partie le mythe relatif à sa virginité, qui n*est pas un mythe primitif. Si Ilestia est une déesse vierge, ce n'est point seulement parce que le feu est l'élément pur par excellence : c'est parce que la terre, en vertu de sa stabilité, n'entre pas en communication avec les éléments mobiles du ciel. Apollon, le soleil qui la contemple amoureusement pendant toute la durée du jour, ne peut cependant jamais s'unir à elle : condamné à parcourir sans cesse la voûte céleste, il s'approche chaque soir d'Hestia, mais sans pouvoir Tatteindre, car il se plonge dans l'Océan. De même Poséidon, qui aime Hestia que ses flots embrassent, ne fait cependant qu'effleurer son corps divin : il lui est défendu de pénétrer dans le sein de la terre, jusqu'à cette source ignée où réside la déesse. Les Stoïciens exprimaient une idée voisine de celle-ci quand, partant de ce principe que la génération suppose le mouvement, ils disaient qu'Hestia est vierge, parce que l'immobilité ne saurait rien engendrer ^ Au contraire, les Pythagoriciens, comme Phiiolaos, étaient en désaccord avec la tradition générale quand ils entendaient par 'EffTia x6qji.o'j, non plus la terre elle-même à laquelle ils attribuaient un mouvement, mais une masse de feu immobile au centre de l'univers *.

Ces rapports d'idées expliquent comment Hestia a pu se confondre avec les autres divinités de la terre, avec Gaea, Dèmèter et Cybèle. On la représentait quelquefois, comme Gaea, sous les traits d'une femme qui tient à la main le tympanum, image de la forme circulaire du disque terrestre\ Elle était, comme Dèmèter, la source immortelle de la vie qui se développe à la surface de la terre. Son identification enfin avec la Mère des dieux est peut-être une des raisons qui Font fait considérer comme la plus ancienne et la plus vénérable des divinités.

En résumé, Hestia a désigné tour à tour, et par une série d'idées dont le cercle s'était successivement élargi, le foyer placé au centre de l'autel, le foyer du milieu de l'habitation, celui de la cité, celui de la Grèce, le feu central de la terre, et la terre elle-même, foyer fixe et immuable de l'univers. Elle se distingue des autres divinités du feu, à la fois par les conceptions cosmographiques qui se rattachent à son nom, et par l'idée morale de la stabilité et de la sainteté de la vie de famille dont elle est le symbole.

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