lliad., V
Dans répisode hésiodique du Bouclier d* Hercule, quand Ares prend la place de son fils Cycnos tué par le héros, c'est Alhèna qui détourne du corps d'Héraclès les coups que le dieu lui porte; et, grâce à cette assistance. Ares blessé tombe sur le soP. Si Ares n'est jamais tué parce qu'il est immortel, il est du moins toujours vaincu dans les luttes qu'il soutient contre les divinités brillantes. Quant à ses fils qui ne participent point à son immortalité et qui désignent sans doute les phénomènes passagers et éphémères de l'orage dont leur père est la puissance toujours persistante, ils périssent pour la plupart sous les coups des dieux et des héros solaires. Phlégyas, fils d'Ares et de Chrysè (la flamme d'or?), Phlégyas, le héros de la foudre, tombe percé des flèches d'Apollon dont il voulait incendier le temple*. Un autre enfantd'Arès, Diomède, roi mythique des Bistones de Thrace, dont les cavales sauvages se nourrissaient de chair humaine, est tué par Hercule'. Quant à Cycnos, né de l'union du dieu avec Pélopia ou avec Pyrènè dont le nom fait allusion au feu céleste, il n'est pas plus heureux dans le combat singulier où il provoque le fils d'AIcmène. C'est dans le sanctuaire d'Apollon Pagaséen que, d'après le récit hésiodique, Hercule trouve Cycnos établi avec son père Ares : « Le bois sacré et l'autel du dieu étaient illuminés par l'éclat de leurs armes; leurs yeux lançaient des flammes*. » Après une longue et terrible lutte, Cycnos est tué par le héros solaire et transformé par son père Ares en cygne : l'oiseau au plumage d'une éclatante blancheur dont le nom désigne peut-être ici la lueur de l'éclair \ Le combat, qui se continue entre Hercule et Ares, se termine par la défaite du dieu qui, blessé, remonte vers l'Olympe. D'après une autre tradition, c'est un coup de foudre qui sépare les deux combattants et met un terme à la lutte*. Il n'est guère douteux qu'il faille voir dans ce récit mythique une des nombreuses expressions des péripéties du drame de l'orage, d'où le dieu-soleil finit toujours par sortir vainqueur.
D'autres légendes, analogues à celles-ci, nous montrent dans Ares un dieu vaincu et dont la force violente est momentanément enchaînée par d'autres puissances célestes. Les Aloades le chargent de liens et le
i. Seul. Herc.y 443, 455, sqq.
2. Pind., Pylh. HI, 14. Cf. Paiisan., IX, 30, 3. Daprès AHIwloi-c, HI, 5, 5, Phlégyas fut tué par Lycos et Nyctcus, dyade analogue A celle d'Apollon et d'Ailémis.