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ditions d'origine diverse, dont l'une rapprochait Aphrodite d'Héphaistos, tandis que l'autre l'unissait à Ares, a imaginé de les concilier en faisant de la déesse l'épouse du premier et l'amante du second. Peut-être aussi Ares dans les bras d'Aphrodite représente-t-il le dieu de l'orage dépouillé de sa force et de sa sauvage violence, qui, aux heures printanières, se calme et s'apaise, qui se laisse captiver par les séductions de la belle nature et qui tombe alors, comme tous les êtres animés, sous le charme irrésistible de la puissante divinité de l'amour. De cette union d'Arcs et d'Aphrodite était née, suivant les légendes béotiennes, réponse de Cadmos, la première mère des Thébains, Harmonia, dont le nom gracieux est en rappoil avec la nature de sa mère^
Ces riantes images forment contraste avec le caractère ordinaire d'Ares qui, chez les Grecs, est essentiellement le dieu de la guerre et en personnifie toutes les horreurs. Son nom n'est pas seulement synonyme de l'intrépidité belliqueuse; il est celui du courage aveugle, de la valeur forcenée. Ares est le type idéal du héros guerrier des traditions épiques, mais du héros qui, emporté d*un irrésistible élan à travers la mêlée, n'obéit qu'à la brutalité de son instinct, à sa fureur de carnage, à sa soif de sang. Tandis que les autres divinités n'interviennent dans les combats que pour défendre les peuples ou les héros qu'elles protègent, Ares ne connaît, ni amis ni ennemis; il est (xXXoTCpé<7aXXo;\ portant ses coups tantôt ici, tantôt là ; il aime le combat pour luimême, pour son tumulte, pour ses morts, pour ses blessés. On se le représentait sous les traits d'un héros d'un aspect imposant, d'une taille gigantesque, aux mouvements impétueux, à la démarche rapide, sanglant et meurtrier, semant partout la mort sur son passage. Armé de sa longue lance qui perce les boucliers, il est tout entier revêtu d*airain (xaXxeoç) ; son armure lance des flammes^. Quand il s'avance à pied, il est la terreur des chars de guerre (PpwapjjuxToç) et des remparts (tsixcoi- ?uXy]tt]ç). Monté lui-même sur un char, il a des coursiei*s d'or, des coursiers aux pieds agiles dont la poésie épique célèbre l'élan sans égal ^. Cette image de la guerre se complète par la description de l'effrayant cortège d'Ares. C'est d'abord i^nt/o,dontlenom n'est probablement que l'antique cri de guerre des Grecs ^; Ényo, la destructrice des villes, la déesse meurtrière des batailles', qui devint plus tard la mère, la fille
1. Theogon., 937; Eschyle, Sept., 105, 140; Apollod., IH, 4, *->.