‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 17 sur 550 · XIV, 201 ; 24G · texte numérisé non relu

XIV, 201 ; 24G

courant, en revcn.inl sur lui-même, enveloppe à la fois la terre et la UK^r, Océan est la limite de toutes les choses visibles. On avait donc pu supposer que tout ce qu'il contient et qu'il enlerme était jadis sorti de son sein. Ce grand être primordial était représenté comme un vieillard vénérable, à Thumeur douce et pacilique, qui ne prend jamais part aux querelles des dieux, qui habite, loin de TOlympe et de la terre, un séjour solitaire qu'il ne quitte jamais, comme il convient à celui qui est le prhicipe fixe et inmiuable de la vie de l'univers. Plusieurs traditions grecques sont l'écho de cette idée cosmogonique. Ogygès, dont le nom n'est qu'une autre forme de celui d'Océan S éUni considéré, en Attique et en Béotie, comme un autochthonc , comme un premier roi, c'est-à-dire comme un père de l'humanité. Les dieux-fleuves passaient également pour avoir été les ancêtres de plusieurs races helléniques. Or, les fleuves, comme les rivières, comme les sources, comme la mer elle-même, dérivent d'Océan; c'est de lui ([u'ils tiennent leur puissance génératrice et fécondante. Océan, d'où viennent toutes les eaux, est ainsi l'eau elle-même, élément immorlel (pii a vivifié toute la nature à l'origine et qui ne cesse de l'animer. Les premiers Grecs, pour qui Océan était le père des dieux, avaient donc devancé sur ce point, comme le remarque Aristote', les théories de Thaïes.

Cette idée simple, qui fait sortir tous les êtres d'un principe uni(]ue, ne se retrouve pas dans la cosmogonie d'Hésiode, déjà plus compliquée et plus savante. Cette cosmogonie est un système : et ce système repose sur une analyse des éléments constitutifs de l'univers. « Avant tout fut le Chaos; puis Gaea au large sein, éternel et inébranlable soutien de toutes choses^ ; et Eros, le plus beau des immortels, qui pénètre de sa douce langueur et les dieux et les hommes, qui dompte les cœurs et triomphe des sages conseils. » Chaos, Gsea, Eros, voilà donc les trois cléments primordiaux; éléments qui ne sont pas conçus comme ayant toujours coexisté, dont le premier est antérieur aux deux autres, qui sont soumis par conséquent à une loi de succession. Le Chaos n'a pas ici la signiTicalion qui lui sera plus tard attribuée; il n'est point la matière à l'état inerte et confus, la « rudis indigeslaque moles » d'Ovide. Suivant l'étymologie du mot, et comme l'interprétait Arislote, le Chaos est l'espace; l'espace béant (xa-vw) ouvert pour tort

Page 1