‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 18 sur 550 · Mélaph., I · texte numérisé non relu

Mélaph., I

5. Nous considérons, avec les meilleures autorités, les doux vers qui suiveo* (118-1 JU) dans le loxie traditionnel, comme une inlcrpolutiun. Le Turtare, qui est ini'i'oductif, nu peut être un élément primilil' de l'univers.

contenir et qui a tout précédé. La Yôluspa Scandinave place de même à Torigine des choses un gouffre immense qui porte le nom de Ginnûngagap (le gouffre des gouffres) ; mais, à Tune des extrémités de cet abime est le Niflheim (le séjour des nuées et des frimas) ; à Vautre, le Muspelsheim (le pays du feu) qui doivent concourir ensemble à Toeuvre de création*. Chez Hésiode, au contraire, le Chaos est absolument illimité; il serait une pure abstraction, s'il n*était représenté comme un espace rempli de ténèbres. GîBa, (|ui fut après lui, n'est point la terre, telle qu'elle s'offrait aux regards des Grecs ; c'est la matière terrestre en voie de formation. Quant à Eros, malgré le texte du poète, il n'est pas le dieu brillant, étincelant de beauté, le dieu ailé, à la grâce juvénile et au charme vainqueur, dont Praxitèle fixera l'image. Il ne peut être le dieu de l'amour humain, puisque les hommes ne sont pas nés et que les dieux eux-mêmes ne sont pas encore éclos du sein de Tespace et de la matière. Cet Eros primitif de la cosmogonie est une image mythologique qui voile une idée abstraite. II n'est en réalité, comme on l'a dit, que « la force attractive qui porte les corpuscules élémentaires à s'agréger et à so combiner '. » Il ne produit rien par lui-même ; mais, en vertu de son action, tous les éléments et tous les êtres tendent à s'unir, et de cette union résulte la vie. Avec lui, en effet, toutes choses vont naître successivement, de Chaos et de Gîiea, de l'espace et de la matière terrestre. Du Chaos sortent d'abord l'Erèbe et la Nuit. L'Erèbe qui, suivant les croyances communes, s'étendait au-dessous de la (erre, désigne ordinairement l'obscurité intermittente, au retour périodique. Mais ici, Erebos^ et iVj/x personnifient simplement l'obscurité primordiale, divisée en deux principes : un principe màle et un principe féminin. Ces diux principes, en s'unissant, donnent le jour à ^Elher et à llèméra : à la lumière des régions supérieures et à celle de l'atmosphère terrestre. Voilà un premier effet de l'Amour : par lui, les ténèbres enfantent la lumière. Voilà en même temps la première application de la loi qui préside à toutes les créations cosmogoniques dont le poète déroule la série devant nous ; loi que M. A. Maury a très-nettement formulée en ces termes : « Quand il s'agit de former un nouvel élément, les principes dont le concours détermine sa formation sont personnifiés par le poète en deux êtres de sexe différent qui procréent, suivant les lois de la génération humaine, cet élément nouveau à son tour persovmifié^. »

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