Ibid.,, V. G9, sqq
HTTHOLOOU. 13
Hélène, Pénélope, la fille d'Agamemnon *. Son éclat, pareil à celui de Tor (ypuasiyj), son doux sourire (iptXoiJLiJLsioY)^), ses yeux étincelants, sa tète ornée (fig. 55) d'une haute couronne (iuTréçavcç), sa blanche poitrine, tout son corps divin rehaussé d'une brillante parure, de magnifiques vêtements tissés par la main des Charités *, excite l'admiration passionnée des dieux et des mortels aux regards desquels elle se révèle. Sa ceinture brodée est douée d'une puissance de séduction ' à laquelle rien ne résiste , qui dompte le maître des dieux lui-même quand Hèra emprunte ce talisman à Âphi*odite pour attirer dans ses bras son royal époux. Le plus farouche des habitants de l'Olympe, Ares, est enchaîné à l'amour de la déesse. Elle-même, disait-on, avait ressenti toutes les ardeurs de la passion qu'elle inspire et qu'elle communique. On racontait en Troade son amour pour le héros Anchise, « sembla-
Fig.55.- Aphrodite Eustéphanos. J^l® 21"^ immortels par sa beauté. » Alors
qu'il faisait paître ses bœufs sur l'Ida aux mille sources, elle l'aperçoit, et aussitôt le désir s'empare de son cœur. Elle se rend à son sanctuaire favori de Paphos, où les Charités la plongent dans le bain et parfument son corps d'une huile incorruptible. Elle se revêt de splendides vêtements, se pare de ses joyaux d'or et s'élance vers Troie, à travers les nuées. Arrivée au pied de la montagne, elle monte jusqu'aux cabanes des pâtres, où Anchise errait çà et là, faisant retentir les échos des accents de sa lyre. A son aspect, le héros reste immobile; il admire, dans un saisissement religieux, sa beauté, sa taille virginale, sa merveilleuse parure. « Son voile était plus brillant que l'éclat de la flamme ; elle portait des bracelets, des pendants d'oreilles; son cou était chargé de colliers d'or *; sa poitrine délicate resplendissait comme la lune. » On se rappelle le texte de l'hymne homérique, cette scène de séduction toute pleine d'une grâce sensuelle, et qui a pour dénouement l'union d'Aphrodite et du héros troyen, union d'où naîtra iEnée, l'ancêtre mythique des Romains '.
i. lliad., IX, 389. Odysi., XVII, 36 ; XIX, 54.