‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 180 sur 550 · Hymn. hom.^ IV, 81, sqq · texte numérisé non relu

Hymn. hom.^ IV, 81, sqq

Quelquefois les mortels avec qui Aphrodite est en rapport ne sont pas pour elle des amants, mais seulement des favoris ; jeunes gens d'une attrayante beauté, qu'elle attache à son culte, qu'elle comble de tous les biens et de toutes les joies de la vie. Tel est ce Phaéthon qu'elle a enlevé pour en faire <c le gardien nocturne de son sanctuaire » * ; tel ce Cinyras, objet de nombreuses traditions à Chypre, premier prêtre d'Aphrodite, instituteur de sa religion et de ses fêtes, habile musicien qui rivalise avec Apollon, roi puissant et dont la richesse était devenue proverbiale dans l'antiquité *.

Aphrodite, qui règne en maîtresse sur les cœurs humains, peut, à son gré, les détourner de la passion ou les y précipiter. A Thèbes, on honorait une Aphrodite aTwoaTpofia, à Mégare, une Aphrodite iizitTzpoi^ia, '. Cette dernière exerce sa toute-puissance sur les femmes, en troublant quelquefois leur vie par un amour fatal, cause de cruelles souffrances, contre lequel elles se débattent, mais en vain. Si Hélène a quitté sa patrie et trahi Ménélas, c'est malgré elle. Elle n'a fait qu'obéir à une impulsion divine ; elle a été jetée par Aphrodite dans les bras de Paris ^. Médée, Pasiphaè, Phaedre, d'autres héroïnes encore , en proie à un amour qu'elles considèrent comme un égarement, comme une folie envoyée par la divinité, sont également les involontaires et malheureuses victimes d'Aphrodite.

La conception de l'amour, considéré dans son charme et ses vo« luptés comme dans son trouble et ses ravages, ne rend pas compte de toutes les idées que la déesse avait éveillées dans l'esprit des Grecs. Dès le temps de Xénophon, Aphrodite Ourania, dont on faisait, par une fausse interprétation de son nom, la déesse du pur amour, était opposée à Aphrodite Pandèmos^ qui préside à l'amour vulgaire dt à l'union des sexes'. Cette distinction morale est peut-être d'origine philosophique ; mais elle avait son fondement dans la réalité. Dans plusieurs cantons de la Grèce, la religion d'Aphrodite nous apparaît avec un caractère de noblesse et de gravité qui la rapproche de celle dllèra. Déesse de la génération, elle féconde l'union des époux et est ainsi en relation avec le mariage et avec la famille. Elle protège la vie

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