‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 19 sur 550 · V. J. ^riiiiin, Deutsche Mythologie^ p. 525 (3* édit · texte numérisé non relu

V. J. ^riiiiin, Deutsche Mythologie^ p. 525 (3* édit

2. M;iiny, \irlig, de la Grèce, I, p. 550. 5. Ihid., p- 2i5l.

La lumière faite, la création va so développer, non, comme dans la Genèse hébraïque, par la volonté d'un dieu suprême, mais sous l'influence d'Eros ^ Gœa ne tarde pas à engendrer OuranoSy le ciel étoile, dont la voûte la recouvre tout entière et qui doit servir de séjour aux immortels bienheureux. Elle engendre ensuite les grandes montagnes qui se dressent à sa surface, Tabime des mers, creusé dans ses profondeurs, que le poëte appelle Ponlos. « Pontos a été enfanté sans amour » : allusion à Timpuissance productive de l'eau salée, opposée aux eaux nourricières qui alimentent le sol. Désormais Gaea va s'unir à Ouranospourdonnerlejour aux autres éléments: leur hymen, souvent chanté plus tard par la poésie grecque', sera la source de la vie universelle. C'est le couple primitif, le couple immortel que célèbrent déjà les poètes védiques. De leur union naît d'abord Océan, le fleuve des fleuves ; image de la formation des eaux de source, qui sont bien réellement les filles du ciel et de la terre. Viennent ensuite plusieurs divinités dont le sens est moins déterminé ; c'est a Koios et Krios, Ilypérion, Japet, Théia, Rhéia, Thémis, Mnémosyne, Phœbè à la couronne d'or ; l'aimable Thétys et enfin le dernier-né, Cronos aux habiles conseils'. » Nous aurons à revenir sur Cronos. Quant aux autres divinités, dont quelques-unes ne se trouvent citées que chez Hésiode, elles expriment, pour la plupart, les grandes forces de la nature et ses principaux phénomènes. Ilypérion (celui qui marche au-dessus) est le soleil considéré dans son mouvement ascensionnel au-dessus de Thorizon. Théia (du mot Ôéw, courir?) c'est l'aurore dont la lueur s'élance dans la voûte céleste. Phœbè est l'éclat brillant du soleil ou de la lune. Krios, c'est probablement encore le soleil ; car plus loin, le poëte nous dit que Krios a donné naissance à Astrœos^, personnage mythologique d'un caractère sidéral. Sans nous arrêter à Thémis et à Mnémosyne qui personnifient déjà des idées morales et dont il sera question ailleurs, poursuivons 1 énumération hésiodique pour y trouver l'expression des idées purement naturalistes du poëte.

« Gaea enfanta ensuite les durs Cyclopes : Brontès, Stéropès, Argès, qui ont donné à Zeus la foudre, qui ont forgé son tonnerre^. » Ici, l'interprétation est fournie par les mots eux-mêmes. Brontès, c'est le

1. De même, Hans la cosmo^^onic phénicienne attributie à Sanchoniathon.le Désir (UôOoi), C5l 1p principe de la création. V. le mémoire de M. Renan sur Sanchoniathon [Acad, des Intcript,, l. XXIH, 2« partie, p. 275).

2. Voir surtout un beau Ira^menl des Danatdea d'Eschyle (fraf^m. 108, éd. Ahrens, collcct. Didot).

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