‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 189 sur 550 · Uiad., V. 7«; VIU · texte numérisé non relu

Uiad., V. 7«; VIU

3. Uiad.. XXI, 4iO. Ilyxin. Apoll. fylh.. 10-10; Ihewr., XV, 103.

i. Ueùoil.jOi'. tt D., Ta. llyiuD. ta Ken., à iiqq. ttynm orjili., 43, 7.

3D8 HITMOLOGIE DE LA GRÈCE AHTIQUE.

tion. A Athènes, on leur rendaitun culte sous les noms de Thailo et de Carpo *, dont l'un rappelle la Tégétation du printemps, l'autre les fiiiits de l'été. Le plus souvent, elles forment un groupe harmonieux de trois vierges : l'une tient à la main un rameau fleuri, l'autre un épi, la troisième un cep de vigne, comme nous le voyons sur l'un des basreliefs de l'autel des Douze Dieux, qui est au Louvre ((îg. 66).

La sigaiBcation essentielle des Heures n'est donc pas douteuse. Elles personniBaient en Grèce, soue de gracieuses et transparentes images, la saison qui voit éclorc les premières feuilles et celle qui concourt à la maturité des fruits de la terre. D'une façon générale, les Heures,

Fig. 66. — Les Iroii Deum.

ce sont, en langage ordinaire, les beaux jours du printemps et de l'été. Or, le retour régulier et périodique de ces beaux jours éveillait dans les esprits réfléchis l'idée de l'ordre qui régne dans la nature et des lois qui la gouvernent. Les Heures devinrent ainsi, chez les poètes théogeniques, les 6Iles de Thémis, et des noms leur furent donnés, qui exprimaient les principales attributions de leur mère. Elles s'appelèrent Eunomia, Dikè, Eirènè. Eunomia, chantée par Tjrtée et parSolon, est moins une vierge divine qu'une personnification abstraite des bienfaits des lois pour les états. Dikè, fîlle de Zeus, qui révèle à son père les actions injustes des hommes', a un caractère exclusivement moral.

Eirènè, moins grave que ses sœurs, est la mère de Ploutos, jeune enfant qu'elle porte dans ses bras *■ : source de tous les biens et de toutes les joies de la vie, elle se mêle souvent au cortège de Dionysos*. On voit combien ces divinités diffèrent des Heures, telles que nous les représentent les monuments littéraires ou artistiques de l'époque romaine. Celles-ci, filles d'Uélios et de Sélènè, ne sont que les quatre saisons de Tannée dont elles portent les différents attributs ; quelquefois encore, les divisions du temps fixées par la science alexandrine, les douze heures du jour et de la nuit' : froides personnifications qui, en se substituant aux poétiques images dont les Heures helléniques étaient jadis l'expression, avaient complètement dénaturé le sens primitif de ces divinités.

Un groupe mythologique analogue a celui des Heures est le groupe des Charités ^: divinités que plusieurs indianistes ont rapprochées des Ilarits du Rig-Yéda, les « brillantes » cavales que le soleil attelle à son char '. H est sans doute assez difficile d'admettre que ces cavales solaires aient pu se transformer en divinités, contrairement aux lois ordinaires de la mythologie où le dieu prend souvent la forme animale, tandis que l'animal ne devient pas dieu. Mais, si les Charités helléniques ne dérivent peut-être pas des Harits védiques, elles ont du moins la même signification ; elles personnifient comme elles les rayons solaires. C'est ce que prouvent les détails de leur légende, et tout d'abord leur généalogie.

Au témoignage d'Antimaque *, elles étaient filles d'Hélios et d'iEglè (la splendeur du ciel). La Théogonie les fait naître de l'union de Zeus et d'Euryuomè \ Or, Eurynomè, compagne de Thélis, est une fille de rOcéan*, et l'étymologie de son nom, qui rappelle celui d'Eurydice, nous indique qu'il faut voir en elle l'aurore, née de la mer, qui répand sur toute l'étendue de la nature son vaste éclat. Les Charités, filles de Zeus et d'Eurynomè, sont donc les filles du ciel et de l'aurore. Ce caractère des Charités est confirmé par d'autres traditions. Dans Vlliade^ Charis est l'épouse du dieu du feu céleste, Héphaestos. Le nom de Pasithéa, l'une des jeunes Charités, qu'Hèra promet de donner pour épouse

i. Pausan., 1,8, 3; IX, 16, 1.

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