Paus., IX
LB CORTÈGE DES OLÏHPIENS. 31t
vinités forment une triade, un groupe de trois vierges (lig. 67). Ces trois Charité», originaires d'Orchomène de Béolie qui a été un des plus anciens centres de leur culte', s'appelaient Aglaïa (la brillante), Eupkrostjnè (la joie du cœur), Thalia (celle qui fait croître ou lleurir les plantes).
Sources de toute grâce et de toute joie pour la nature, les Charités avaient, dans les croyances grecques, la même inOuencc sur l'humanité. Rien n'est jeune, rien n'est aimable et séduisant que par leur présence. La beauté des plus belles femmes est un don, une participation des Charités '. a Avec tous, [^, [ro'ii ciuriie*. dit Pindare en s'adressant à elles, tout devient charmant et doux. Par vous l'homme est sage, l'homme est beau, l'homme est illustre' ». A elles encore la poésie doit son meilleur attrait*. Tout ce qui fait le charme et l'éclat de la vie, tous les dons de la nature et de l'esprit remontaient donc aux Charités, aux brillantes divinités solaires, qui enchantent à la fois la terre et le ciel ; et les philosophes leur donneront une signification étroite, bien éloignée de leur nature primitive, quand ils en feront simplement les divinités qui président aux bienfaits et à la reconnaissance.
Dans la suite des dieux olympiens se ran^e 7ri«, leur messagère: vive création dont on aperçoit sans peine l'origine. Le nom d'Iris est, en effet, celui de l'arc-en-cieP, et sa légende ne fait que traduire les impressions produites sur les Grecs par le spectacle de ce phénomène. Le brillant météore qui s'étend du ciel à l'horizon terrestre semblait mettre le séjour de l'homme en communication avec la demeure divine: il était considéré comme un signe envoyé d'en haut. Iris, qui en est la personnification, est donc chargée de porter sur la terre les ordres des dieux: elle vole de l'Olympe à l'Ida, et de l'Olympe à la mer. Dans VIliade, elle va chercher Thétis au fond de l'océan, remonte à la surface et s'élance vers le ciel avec la déesse qu'elle précède'. Dans la Théogonie, elle court sur le vaste dos de la mer pour aller puiser, dans une aiguière d'or, l'eau du Styx par laquelle jurent les immortels^. La rapide formation et la courte durée de l'arc^n-ciel avaient éveillé
1. P*DS., II, Zi. 1. Les concours mugicaut d'Orcbamèi»: s'appclilent CharUttia [Corp. liucr., 1583-S4).
% Voir le diieloppcmcnl de cei iJûcs Jins le mémoire de M. Gerqnand Cilé plin biul.