Odyss., VIII
10. Ibid., 482. Sur les rapports des Muscs avec les poètes et avec Tinspiration poétique, voir notre thèse, p. 48-54.
s'adressaient les hommages des Grecs, et le culte ne paraît pas avoir distingué leurs personnes. A Athènes, une colline leur était consacrée et portait leur nom; sur les bords de Tllissos, elles étaient adorées suus le nom de Muscs Ilissiades ^ . Les Spartiates les avaient en grande vénération, et leur offraient des sacrifices avant les batailles'. A Olympie, elles avaient un autel placé près de celui de Dionysos et des Charités, divinités qui leur sont souvent associées'. Nous trouvons également des traces de leur culte à Tégée, à Mégalopolis, à Trézène, àSicyone, à Delphes, sur la côte d'Asie, à Téos et dans l'île de Théra. Leur religion fut portée jusque dans la Grande Grèce parles Pythagoriciens, et s'établit sous leur influence dans les villes de Crotone et de Métaponte. De tous ces sanctuaires, celui de Tllélicon efface les autres par sa renommée. Il fut pour la religion des Muses ce que Dèlos et Delphes furent pour celle d'Apollon. C'était l'endroit vénéré oii les déesses, parties de l'Olympe, s'étaient arrêtées et avaient fixé leur séjour; là, elles avaient inspiré Hésiode ; là, leur souffle avait animé toute une race de chanteurs et de poètes. On les croyait toujours présentes près de la source Hippocrène, sur les bords de l'Aganippe ou du Permesse. La solennité de leurs fêtes, les œuvres d'art qui peuplaient leur bois sacré, l'éclat des jeux littéraires et musicaux qui se célébrèrent en leur honneur jusque sous la domination romaine^, attiraient de toutes les parties de la Grèce un nombreux concours de pèlerins et de spectateurs '.
Les attributions particulières des Muses n'ont pas toujours été aussi bien établies qu'on les trouve nettement définies dans les vers d'Ausone*. Chez les plus anciens poètes, il n'y a pas trace de la division qui prévalut plus tard. Entre les Muses, Calliope seule se distingue par sa prééminence ; quant aux autres personnes du groupe, clic n'ont point de fonctions distinctes, et l'étymologie seule de leur nom indique la variété de leur signification. Elle sont confondues dans le même chœur; l'esprit d'abstraction n'a pas encore assigné à chacune d'elles la présidence d'un genre littéraire, d'un art ou d'une science. Pausanias, qui avait vu plusieurs groupes de Muses dans l'Hélicon, ne dit rien de leurs attributs. Les Muses de Philiscus de Rhodes, placées à
2. Plut., Mor., p. 221, a. 238, c. VU. Lycurg,, 53. Pausan., III, 17, 5. 5. Pausrtn., V, 14, 10.
4. Corp. Ittscr. Grœc, 1585; 1986. P. Dccharme, Recueil d*inscript. inédit, de Déolie, D*26.
5. Sur tout ce qui touche au sanctuaire héliconien des Mu-^cs, voir notre Notice sur les ruines de Vkiéron des Muses, et notre thèse, d<^jà citée, p. 50-70.