‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 21 sur 550 · Iliade, VIII, 479. XIV, 203; 274. XV · texte numérisé non relu

Iliade, VIII, 479. XIV, 203; 274. XV

LES GEiNÉRATIONS DES DIEUX. 9

et (le la loi; Mnémosync, c*est la mémoire, le souvenir; c'est raction du passé se perpétuant dans la durée. Si, dans cette lutte, tous les Titans ne sont pas les ennemis des dieux, c*est que Zeus ne peut songer à détruire, sans exception, toutes les forces élémentaires de la nature. Il se contentera de les dompter dans ce qu'elles ont de monstrueux et de désordonné, et il les fera concourir, en les réglant, à rétablissement de l'ordre nouveau auquel il va présider. Celte idée est indiquée dès le début du récit de la Théogonie. — Depuis dix ans entiers, les Titans et les fils de Cronos, postés les uns sur l'Othrys, les autres sur l'Olympe, se fatiguaient dans une lutte acharnée, qui semblait ne devoir jamais finir, quand Jupiter eut l'idée de faire sortir du Tartare les trois géants Kottos, Briareus et Gyès que son père y avait enfermés et dont l'intervention décidera la victoire en sa faveur ^ Ainsi Jupiter ne pourra vaincre les Titans ses ennemis qu'avec l'aide d'autres Titans ses alliés ; il ne pourra triompher des forces immenses et tumultueuses de la nature qu'en leur opposant des forces non moins puissantes. Les Titans se divisent donc en deux corps d'armée qui vont en venir aux mains; c'est-à-dire que les éléments déchaînés vont se heurter dans un conflit où la victoire finira par appartenir à Tordre, mais on elle sera achetée par un épouvantable cataclysme.

La lutte s'engage entre les deux partis, armés d'éi)ormes rochers, détachés des montagnes qui sont le théâtre de la mêlée. Le bruit de leur combat ébranle à la fois le ciel, la terre et la mer; il pénètre jusque dans les profondeurs du Tartare. Tout à coup, Zeus lui-même prend part à la lutte; il fait gronder son tonnerre , briller ses éclairs; il lance la foudre sans interruption. « La terre féconde brûle en frémissant; les vastes forêts éclatent; tout bouillonne, et la terre entière, et les courants de l'Océan et la mer immense ; autour des Titans infernaux se répand une vapeur étouffante, un air embrasé; leurs audacieux regards sont éblouis, aveuglés par les lueurs de la foudre. L'incendie gagne jusqu'au Chaos; à ce que voient les yeux, à ce qu'entendent les oreilles, on eût dit que la terre et le ciel se confondaient. Tune ébranlée sur sa base, l'autre tombant de sa hauteur. Tel était le fracas de ce combat que se livraient les dieux ! En même temps les vents soulèvent d'épais tourbillons de poussière et les transportent, avec les éclairs et les tonnerres, ces traits du grand Zeus, avec les clameurs et le tumulte de la bataille, au milieu des deux armées'. » Enfin, la victoire estachevée par les trois géants, alliés de Zeus, qui lancent sur les Titans trois cents rochers, qui les renversent et les plongent dans le Tartare.

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