‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 213 sur 550 · Theog · texte numérisé non relu

Theog

dans le ciel sa tête sacrée pour annoncer à la terre Tapproche de la divine lumière^; il tient un flambeau à la main et vole dans les airs précédant le char de l'Aurore. Le soir, il porte un autre nom : c'est Ilespéros, le fils d'Atlas qui soutient à l'occident le poids du ciel, le père des llespérides' (tes nuages dorés du couchant) ; Hespéros, le plus splendide des astres qui brillent dans la voûte céleste'; le beau génie, à la chevelure d'or, que célèbrent les épithalames; celui qui, à l'entrée de la nuit, conduit le cortège nuptial et qui amène Pépouse dans les bras de l'époux *. Phosphores et Hespéros ne sont ainsi que les deux noms divers de la même planète et composent une paire fraternelle analogue à celle des Dioscures.

Les étoiles fixes tiennent une plus grande place dans les traditions mythologiques. La constellation d'Orion était surtout l'objet de plusieurs légendes, qui se sont développées principalement dans l'imagiilation des insulaires de la mer Egée. Cette constellation se lève au moment du solstice d*été, pour disparaître au commencement de l'hiver. Orion est donc l'astre brillant de la belle saison de Tannée à laquelle il emprunte son nom*. Pendant toute la durée des nuits d'été, les yeux sont frappés de son puissant éclat : Orion était donc conçu sous les traits d'un géant à l'armure d'or, à l'épée étincelante, qui parcourt, doué d'une force invincible, sa roule céleste •. Comme les autres divinités des astres nocturnes, Orion est un chasseur. Dans l'Hadès, Ulysse l'aperçoit armé d'une massue d'airain et traquant dans la prairie d'asphodèles les bétes fauves qu'il a tuées jadis sur les montagnes'^. Cette chasse mythique a eu évidemment, à l'origine, le ciel même pour théâtre. C'est dans le ciel qu'accompagné du Chien, Orion semble poui^uivre les autres astres qui pâlissent à sa lumière; c'est là qu'il met en fuite les timides Pléiades qui, saisies d'épouvante à son aspect, courent se précipiter dans l'Océan \ Les marins avaient fait de lui un fils de Poséidon et d'Euryalè. Quand, dans leurs voyages nocturnes, lancés au sommet des vagues ou perdus dans leurs profondeurs, ils voyaient la brillante constellation tour à tour

i. 7/iarf.,XXIlï, 220; Odyss., XIII, 93. Virg., ^n., VIII, 589. 2. Scrv., ACn., IV, 484. CI. Diocl., IV, 27. 5. lliad., XXII, 317.

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