Hésiode, Travaux el Joun
monter ou disparaître à Thorizon, ils disaient que le géant s'avançait d'île en île, se frayant un chemin à travers les Ilots, la tèlc au ciel, les pieds dans la mer*. En été, quand le matin on le voyait apparaître à rOrient, dans son éclatante beauté qu'allait bientôt éclipser Tastre du jour, on racontait qu'Orion avait été Famant de l'Aurore et que l'Aurore l'avait enlevé'. Un peu plus tard, quand il se levait seulement vers minuit, il donnait le signal des récoltes et des vendanges; à ce titre, il joue un rôle important dans la légende dionysiaque de Chios que nous étudierons ailleurs. A l'entrée de l'hiver enfin, les pluies et les orages coïncidaient avec sa disparition ; il était alors le dieu des nuées, le dieu pluvieux, le compagnon du Notes ^.
Durant une partie de Tannée cependant, la constellation d'Orion était cachée aux regards des hommes. Cette disparition avait inspiré les fables qui racont^ent la mort du redoutable chasseur, frappé des flèches d'Artémis dans l'île d'Ortygie*. On expliquait le châtiment d'Orion de deux façons diverses. Tantôt le géant est victime de la colère de la déesse pour avoir osé la provoquer au jeu du disque * ; c'est-à-dire, il est l'astre qui veut rivaliser d'éclat avec l'orbite lunaire et qui est éclipsé par lui ; tantôt, au contraire, il est représenté comme le bien-aimé d'Artémis qui le fait involontairement périr. Apollon, indigné de cette affection, avait défié sa sœur d'atteindre de ses traits un point éloigné et obscur qu'il lui montrait dans la mer; celle-ci vise le but et ne le manque pas ; mais ce but était la tête d'Orion qui nageait alors dans les flots ^ En dépit de ces variantes, le mythe d'Orion mourant sous les coups d'Artémis a évidemment pour origine la coïncidence du déclin de cette constellation avec l'apparition de la lune à l'horizon.
Plus tard, une autre fable, qui est une fiction de la science astronomique des Alexandrins, avait prévalu au sujet de la mort d'Orion.
Le géant chassait avec Artémis dans les montagnes de Chios, quand il osa porter une main téméraire sur le péplos de la déesse : celle-ci fit aussitôt sortir du sol un scorpion dont la morsure fut fatale au profanateur ^ Suivant une autre version, l'animal qui fut l'instrument de la mort d'Orion avait été suscité par Gaea, irritée de ce que l'invincible chasseur voulait détruire toutes les bêtes fauves de la Crète •. Dans le»