‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 215 sur 550 · EralosUi., Catatt., 52; Hyg., Poet. Aiiron., II · texte numérisé non relu

EralosUi., Catatt., 52; Hyg., Poet. Aiiron., II

deux cas, ces fictions correspondent à un même phénomène astronomique: celui du déclin de la constellation d'Orion alors que le soleil entre dans le Scorpion*. Une fausse étymologie du nom du géant avait fait localiser sa légende en Béotie, dans la bourgade d'IIyria (en dialecte béotien Ouria), où Ton plaçait sa merveilleuse naissance. Le héros éponyme de cette bourgade, Ilyrieus, fils de Poséidon et de l'Atlantide Alcyonc, avait reçu un jour magnifiquement, dans son palais de Tanagre, trois grands dieux : Zeus, Poséidon et Hermès. En échange de cette hospitalité, les immortels promirent d'accorder un enfant à la stérile vieillesse d'IIyrieus. Ils fécondèrent la peau du bœuf qui avait été sacrifiée pour eux, et ordonnèrent à leur hôte de l'enfouir dans la terre pour ne Ten retirer qu'au bout de neuf mois. Après les neuf mois accomplis, Orion était né '. Cette fable, d'invention tardive, avait pour but de faire ressortir la puissance d'Orion qui a trois dieux pour pères, sa force pareille à celle du taureau d'où il est sorti, son affinité enfin avec les Géants, enfants de la Terre comme lui '.

Ce chasseur céleste est, nous Pavons dit, ordinairement escorté d'un chien. Ce chien d'Orion, c'est Sfrios (Ssiptoç), dont la poésie homérique ne connaît pas encore le nom, mais dont elle célèbre le lumineux éclat, qu'elle compare à l'armure étincelante d'Achille ou de Diomède*. Sirios, la plus brillante des étoiles fixes', fait son apparition dans le crépuscule du matin au fort de la saison d'été, alors que, suivant l'expression d'Hésiode, la peau de Phomme est desséchée par l'ardente chaleur S alors aussi que les chiens tombent en rage. Cette rage, par un rapport d'idées facile à comprendre, avait été transportée à Pastre dont la pernicieuse influence produisaitde tels effets. On avait assimilé Sirios à un chien furieux ; le nom de cet animal était devenu celui de la constellation. Au souffle embrasé de la redoutable béte, la végétation se flétrit et meurt, les sources tarissent ; Phomme est consumé par les fièvres. Pour conjurer ces malheurs, on était porté à invoquer un appui céleste. Le protecteur des mortels contre les fureurs de Sirios, c'est ilris/^d?- (l'excellent), qui, à Céos, se confondait avec Zeus

1. Hyg., Poet. Aslr.t II, 53 : Occidit (Orion) cxorla Scorpionis posteriore parle cl sagilUho cxorienle.

2. PaliEph., De Incred.y Y; Hyg., Fab., 195; Poet. Astr.^ II, 34. Nonnos, Dionys»^ XIII, 96, sqq.

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