MQller-Wieseler, Denkm. Alt. Kunst., II. pi
7. Sur ces représentations, voir l'article Actœon, de M. Vinct, dans le Dcti nn'ire des Antiquités de MM. Daremberg et Saglio.
DIVINITES SECONDAIRES. —LES VÉTËORES CÉLESTES. Ml
porter sur elle dansjl'art de la chasse*. Or, la légende d'AcUeoQ offre de frappantes analogies avec celle d'Ûrlon. Tous deux sont d'intrépides chasseurs ; tous deu;: sont victimes de la colère d'Arlémis pour avoir voulu rivahser avec elle ou pour avoir poursuivi son amour. Actieoo est donc comme Orion un héros sidéral ; et la façon dont il meurt semble indiquer qu'il est identique à Sirios '. Aclaeon, le chasseur dévoré par sa meute, c'est la constellation même du Chien, qui périt consumée par ses propres feux, qui disparait à l'horizon en présence de la lune dont elle s'est approchée et dont elle a tenté d'éclipser l'éclat. D'autres constellations dont les noms appartiennent encore à la my-
Fig. 8D. — ActtBon
hologie, sont les Pléiades, les Hyades et Arclos (la Grande-Ourse). Quand les Pléiades se lèvent, au milieu de mai, elles annoncent, en
i. Diod.. IV, 81 ; Eurip.. £accA..337. Acusilai (Apollod., 111,4, 4)rap|)ortiiit que le chlliment d'Aitœon avail eu pour .lulcur Zeus irrité de ce que le chaueur b^ien ariit recherché Séméic. Hsii il 7 * probnUleincnt ici une confusian entre Séméli et Séltnè (Artûmis). comme 1* moalré H. Vinct (ffen. Archet., ]8tS, p. 467).
2. C'est ec que confirme le rapprochement d'Actsen et de 11 chinime Maira (la Canicule) >ur lei peintures de la LeKhè de Delphes (faus., \, 30, 5). Les cinquante chieos onra^s d'Actoon ilL'signunt, d'après Preller, lescinquantc jour) de U canicule.
242 MYTHOLOGIE DE LA GRÈCE AiNTIQl'E.
Grèce^ la maturité des moissons et rapproche de la récolte; quand elles se couchent, à la fin d'octobre, leur disparition est le signal des semailles et du labour d'automne, en même temps qu'elle coïncide avec l'époque des pluies et des orages *. On comprend que cette constellation, qui semblait exercer une importante action sur les travaux des champs, soit devenue l'objet de plusieurs légendes populaires. Avant d'être des étoiles qui forment dans le ciel ce groupe serré dont leur nom exprime l'idée, les Pléiades étaient sur la terre des vierges sœurs, filles de Pleionè et d'Atlas, le porteur du,ciel à l'horizon occidental où elles se lèvent. Leur métamorphose était due à la bienveillance de Zeus qui n'avait pu voir sans pitié leur inconsolable douleur au sujet des soufirances de leur père, ou après la mort de leurs sœurs les Hyades '. Une tradition béotienne rapportait encore que Pleionè et ses filles, poursuivies sur les montagnes par le cliasseur Orion, haletantes de leur course, épuisées de fatigue, avaient dans leur détresse invoqué Jupiter qui, pour les sauver des atteintes du géant, les avait transportées dans le ciel et placées parmi Içs astres ^. La ressemblance de leur nom avec le mot xeXetiSsç avait donné naissance en outre à la fable de leur métamorphose en colombes*. Dans ce groupe divin, on distinguait surtout Maïa^ l'aînée et la plus belle de toutes, aimée de Zeus, mère d'Hermès sur le Cyllène arcadien. Électra et Stéropè rappelaient l'éclat de la constellation à son lever printanier ; Alcyonè et Céla^no, amantes de Poséidon, faisaient au contraire allusion aux pluies et aux tempêtes qui assombrissent la mer au moment de leur coucher d'automne. Les Pléiades se trouvaient mêlées à un grand nombre de généalogies mythiques, surtout en Béotie et en Laconie, où l'une d'elles, Taygétè, passait pour avoir enfanté le roi Lacédaîmon de son union avec Zeus '. Enfin, la septième des Pléiades, qui est difficilement et rarement visible, avait été, pour ce motif, considérée comme une mortelle : Méropè, épouse du mortel Sisyphe et mère de Glaucos *.
Un groupe analogue est celui des Hyades^ filles, comme les Pléiades, d'Atlas et de Pleionè, ou d'Atlas et d'iEthra\ Le nombre et les noms particuliers des étoiles qui composent cette constellation varient beau-
1. llcsido., Trav. et Jours, 583; 014. Cf. Ara t. Phaenom., 204; liyff., Poet. Atlron.^ H, 21.