‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 222 sur 550 · Senr. ad Virg. Eclog., VI · texte numérisé non relu

Senr. ad Virg. Eclog., VI

5. Theeg., 522 et suiv. Ce supplice csl le niômc que celui de Tityos (Odyss.., XI, 57S; / Virg.,i€:n., VI,595).

Pour arriver à l'intelligence de ce mythe \ il importe d'en distinguer les éléments helléniques des éléments traditionnels qui remontent plus haut que la Grèce. Ce qui appartient en propre aux Grecs, c'est l'explication que donne le poète hésiodique du châtiment de Promcthée. Dans la Théogonie, le Titan n'est pas seulement le voleur du feu céleste ; il est encore le représentant de l'humanité: de l'humanité active, industrieuse, intelligente, mais de l'humanité ambitieuse qui voudrait s'égaler aux puissances divines. Au moment de la dispute des dieux et des hommes, c'est-à-dire à l'époque de la détermination de leur lot respectif dans le partage des biens du monde, Prométhée a essayé de tromper Jupiter en lui laissant la plus mauvaise part et en prenant la meilleure pour lui*. C'est pour cela qu'il a été châtié. Le Titan d'ailleurs n'est pas seul puni. Sa faute a eu pour conséquence, en même temps que la création de Pandore, la femme aux pernicieux attraits, la condition pénible et laborieuse de l'humanité cohdamnéc à acheter son bien-être au prix de ses sueurs. Prométhée est donc le type de l'homme en lutte avec la nature ; qui, à force d'intelligence et d'habileté, réussit à lui arracher quelques-uns de ses secrets, qui entreprend de la dominer, mais à qui il est interdit d'élever ses désirs trop haut et de pousser trop loin ses conquêtes : autrement, il sortirait du domaine fatalement limité qui est le sien ; il empiéterait sur le domaine infmi dont les dieux sont les maîtres et dont ils défendent l'entrée. En un mot, le châtiment traditionnel de Prométhée s'expliquait par l'idée essentiellement grecque de la jalousie divine.

Dégagé de ces idées morales et réduit à son expression simple, le mythe qui nous occupe nous montre dans Prométhée un génie du feu, auquel les dieux infligent un châtiment temporaire, qu'ils enchaînent et qu'ils délivrent. Dans ces termes généraux, on ne peut nier qu'il offre une certaine ressemblance avec la légende d'IIéphicstos qui, lui aussi, encourt la colère divine, qui subit une peine et qui n'est rappelé dans l'Olympe qu'après un temps déterminé. Les deux mythes doivent donc se rapporter au même ordre de phénomènes. Prométhée et lléphaîstos, nous l'avons déjà indiqué, sont des êtres divins de même nature. Si, chez Eschyle, ce dernier, à titre de forgeron de l'Olympe, cloue le Titan à son rocher, c'est à contre-cœur qu'il exécute la volonté irrésistible du maître du ciel, et il déclare qu'il lui en coûte d'être l'instrument d'une telle violence à l'égard d'un dieu « qui est

1. Il a ÔX& surtout étudia par Welcker, JE$chyli»che Trilogie Prometheus; Cf. Vôickcr, Mythologie des Japet. Geschiechtrs; K. di; IjisiuIx, Promet heus, die Sage und ihr Sinit, Ratisbonne. 1854.

•J. T/teog., b^tb cl suiv.

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