GENIES DU FEU. —LES GABIUES
premier homme ou le père des mortels ^ La généalogie qui lui lionne pour père le Qeuveinachos rappelle celle qui fait naître le Titan de rOcéanide Clyinène. Mais Phoronée avait pour mère la nymphe Mélia : descendance significative qui le distingue de Prométhée. Qu'estce en effet que Mélia (son nom suffit à l'indiquer), sinon la personnification du frêne d'où sont sortis, d'après Hésiode, les hommes de la génération d'airain •, et qui est chez les Grecs, cet arbre céleste commun à toutes les mythologies de la race arienne. On sait que les ancêtres de cette race, au sein des forêts qu'ils habitaient d'abord, s'étaient représenté le ciel comme un arbre immense qui s'étendait au-dessus de leurs têtes et à l'ombre duquel ils vivaient. Cet arbre avait un fruit, ou un rameau enflammé, qui était la foudre. Un oiseau divin, niché dans ses branches, dérobait ce rameau et l'apportait à son bec sur la terre. Or, le mot grec ^opijveuç est le rigoureux équivalent du mot sanscrit bhuranyu « le rapide »,épithète d'Agni considéré comme le porteur de l'étincelle divine '. Phoronée, le fils de Mélia, ou du frêne céleste, correspond donc à une conception peut-être plus ancienne que celle du pramantha devenu le Prométhée des Grecs : il est l'oiseau qui apporte la foudre du ciel sur la terre. Les traditions relatives à la naissance de la génération d'airain, et celles qui fai^ient de Phoronée le père des Argiens, témoignent que cette foudre, comme dans la légende d'Uéphseslos et dans celle de Pro méthée, avait été l'origine du genre humain.