Diodor., V, 55. Nonnus, Dionys., XIV
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la mer, d'après une autre version, avaient élevé le jeune Poséidon, dont Rhéa leur avait confié le dépôt, avec Taide d'une iille de l'Océan, Capheira, dont le nom rappelle celui de la mère des Cabires^ Comme les êtres créés par Iléphœstos et par Proinéthée, comme les Cabires eux-mêmes, losTelchines avaient été les premiers habitants delà contrée où leur religion s'établit. 11 est impossible de ne pas reconnaître en eux des génies du feu. Les fables qui les concernent ne font que traduire l'impression des effets de l'énergie volcanique: énergie mystérieuse dont ils sont les auteurs malfaisants. Conformément à Tétymologie de leur nom, les superstitions populaires de l'Ile de Rhodes les représentaient comme des enchanteurs *. Ils avaient le pouvoir d'attirer à leur gré les nuages et les pluies, de faire tomber la grêle ou la neige ; ils provoquaient, en un mot, toutes les transformations et tous les désordres atmosphéritiues'. Leur action s'exerçant à la fois sur terre et sur mer, ils étaient conçus conmie des êtres amphibies, dont quelques-uns étaient sans mains et sans pieds et avaient des membranes entre les doigts. Génies capricieux, à la vie mobile, aux formes changeantes, ils ressemblaient tour a tour à des divinités, à des hommes, à des poissons, à des serpents ^ La puissance magique de leurs sortilèges s'étendait sur la nature entière. En mêlant l'eau du Styx avec du soufre, ils composaient un breuvage qui faisait périr les animaux ou qui consumait les plantes'. Comment ne pas reconnaître ici la lave et les matières sulfureuses des éruptions volcaniques? Les effets meurtriers de ces éruptions ne sont-ils pas indiqués encore dans la légende rhodienne qui racontait la lutte des Héliades contre les Telchines? Thrinax, Macarès et le brillant Auges, fils d'IIélios, personnifications des énergies solaires, avaient jadis disputé la possession de Rhodes aux Telchines. Ceux-ci avaient été vaincus et contraints de s'exiler ; mais, en quittimt leur pays natal, ils l'avaient arrosé de l'eau du Styx, puisée aux sources infernales, et le sol fertile de Tile avait été condamné à rester longtemps infécond ^, La funeste action des feux volcaniques se trouvait ainsi opposée à l'action bienfaisante du feu solaire dont le dieu, llélios, était à Rhodes l'objet d'un culte tout particulier, et la victoire remportée par les fils de ce dieu sauveur marque sans doute le moment où les volcans de l'ile parurent éteints et où l'on se crut déli-