GÉNIES DU FEU. — LES TELCHINES
vrédes Qéaux dont ils étaient la source. C'est ce qu'exprime encore la tradition qui faisait périr les Telchines, de la même manière que les Phlégyens, percés des (lèches d'Apollon *.
L'affinité de ces génies avec les fils d'Héphaestos se marque encore par un autre caractère. Comme les Cabires, les Telchines font servir le feu dont ils sont les maîtres à travailler les métaux. Forgerons divins, ils fabriquent la harpe de Cronos et le trident de Poséidon, et leur habileté dans l'art de façonner les armes des dieux est souvent comparée à celle des Cyclopes '. On voyait donc en eux les premiers ouvriers qui aient mis en œuvre le fer et le cuivre, les artistes primitifs de Rhodes, pays dont l'antique illustration dans l'art de la statuaire, déjà chantée par Pindare, est attestée par mille témoignages. Dans les sanctuaires rhodiens, les plus anciennes images des dieux, de matière métallique, passaient pour être les œuvres dos Telchines '. C'est ainsi qu'on avait donné leurs noms à une première corporation de métallurges et d'artistes, analogue à la corporation des Dédalides athéniens, et où les secrets de l'art, rigoureusement dérobés à la curiosité des profanes, se transmettaient de génération en génération. Ces procédés mystérieux, dont les possesseurs gardaient le trésor d'une façoo jalouse, firent considérer ces Telchines humains, à la fois comme de9 magiciens doués d'une puissance merveilleuse et comme des esprits envieux qui refusaient de communiquer leur science au vulgaire. L'envie des Telchines était devenue proverbiale dans l'antiquité. Leur habileté dans le travail des métaux explique en même temps comment, dans plusieurs contrées de la Grèce, les premiers essais de la sculpture et de la toreutique étaient inséparables de leur nom. La ville de Sicyone, siège d'une ancienne école artistique, s'appelait jadis Telchinia,* et, si l'on avait donné la même épithète à l'antique image d'Athèna, qu'on voyait à Teumessos en Béotie ', c'est (]ue les premières statues d'airain étaient tes œuvres des Telchines, au même titre que les plus anciens xoana étaient attribués au ciseau de Dédale ou des Dédalides.