Voir cbap. l". p
*i. Ce sont les deux iiuiiis d'an seul et même porsonna;;e, bien que le texte de la Théogonie semble l'idblir entre eux une distinction. 5. Hynm. boni., Ajwll. Ihfth., 129.
GÉNIES DES ORAGES ET DES VENTS. Soi
Il doit donc sa naissance à la discorde du couple céleste, en d'autres termes, aux troubles de ratmosphère. Uni à Échidna (la vipère), la nuée orageuse, il donne le jour à llydrè (la nuée pluvieuse), au chien Orthros et au chien Cerbère, dont Fun personnifie la pâle lumière du crépuscule, Pautre les ténèbres de la nuit, et qui, dans leur rapport avec Typhaon, expriment le sombre aspect du ciel au moment de la tempête. Typhaon est qualifié de monstre terrible, violent et désordonnée La description de la Théogonie nous montre en lui un être analogue au serpent Ahi du Yéda. a C*est un dieu terrible, aux bras indomptables, aux infatigables pieds. Sur ses épaules se dressent cent tètes de serpents, d'affreux dragons dont les gueules eflVoyables dardent toutes de noires langues... De chacune de ces têtes sortent des voix confuses, un incroyable mélange des sons les plus divers. C'est tantôt le langage que comprennent les dieux, tantôt le mugissement d'un taureau indompté, les rugissements d'un lion farouche, les cris plaintifs d'un jeune chien. Quelquefois il pousse des sifflements dont retentissent les hautes montagnes»'. Le poète prend soin d'interpréter lui-même ces images en nous disant plus loin que de Typhoeus viennent les vents aux haleines humides, les vents tempétueux quMl oppose aux vents réguliers. « Ceux-ci, de race divine, sont utiles aux hommes; les autres, Tondant soudainement sur les Oots assombris, y déchaînent, pour la perte des mortels, de furieuses tempêtes : soufflant à la fois de tous les points de l'horizon, ils dispersent les navires, ils abîment les nautonniers : malheur à qui se rencontre sur leur passage '» . Les enfants de Typhon sont donc les rafales, les sauts du vent, les trombes dont l'habileté des marins est impuissante à éviter les coups. Sur terre, leur action n'est pas moins redoutable. Ils s'y précipitent, a détruisant les doux fruits du travail des humains, les enveloppant, à grand fracas, d'épais tourbillons de poussière. » Tous ces désastres ont pour auteur Typhon, le génie monstrueux de l'ouragan.
Ce personnage a quelquefois, dans les traditions mythologiques, un caractère un peu différent de celui que nous venons d'indiquer. Le mot Tu^a)v, qui est devenu un mot français, éveillait à la fois dans l'edprit des Grecs l'idée des tourbillons de vent et celle des tourbillons de fumée. De là vient que Typhon a pu être tour à tour le monstre dont le souffle humide se déchaîne en tempête, et le géant dont le souffle embrasé s'échappe du cratère des volcans. A ce dernier point de vue.